
Article sponsorisé par Citeo
Réemployer c’est bien, mais pour le consommateur cela a un coût. Il faut accepter de payer parfois une consigne ou une caution, mais également de stocker les emballages puis penser à rapporter les contenants vidés en magasin. Bref, un sacré parcours du combattant que peu de ménages sont prêts à accomplir. Face à ce constat, le Fourgon, jeune pousse de l’économie circulaire, a trouvé la solution. Celle de l’acheminement de produits consignés à domicile.
La société est née en 2021 de trois entrepreneurs lillois, jeunes papas débordés par les courses familiales. «Les courses remplissaient le frigo et la poubelle en même temps», se souvient Maxime Tharin, un des trois fondateurs. Engagés et volontaires, les entrepreneurs ont souhaité proposer des aliments à la composition saine et à l’emballage respectueux de l’environnement. Le tout avec une livraison à domicile pour simplifier l’expérience client. Le client se rend sur le site, passe commande, reçoit celle-ci dans un bac réemployé et conserve ses contenants consignés jusqu’au prochain passage de la camionnette électrique de livraison.
Essuyer quelques plâtres
Le catalogue du Fourgon a d’abord été centré autour des boissons, le verre étant un matériau résistant particulièrement propice au réemploi, qui offre un avantage environnemental sur l’usage unique dès quatre cycles de réutilisations. C’est aussi le constat qu’ont fait certains viticulteurs. «Lorsque je me suis lancé dans la production vinicole, ça m’a interpellé, relate Philippe Lelong, directeur du domaine familial le Pech d’André. On faisait transporter du sable du Sahara, fabriquer des bouteilles très résistantes, les clients nous les rapportaient, et tout ce qu’on faisait c’était les casser pour les mettre au recyclage. Il fallait inventer autre chose.»
Même si le directeur du domaine de vins natures et bio du pays d’oc le reconnaît, il a fallu essuyer quelques plâtres au démarrage. Notamment réduire le nombre de formats de bouteilles, supprimer la «coiffe» du bouchon, revoir les étiquettes. Mais aussi se faire référencer auprès de réseaux de consigne et de lavage du verre pas encore organisés à l’échelle nationale. Désormais le Pech d’André propose deux formats de bouteilles et fonctionne quasi uniquement avec des contenants réemployés.
L’alimentaire, terrain de jeu favori des expérimentations de réemploi
Pour Foodchéri, opérateur de cuisine engagé, proposer des contenants réemployables s’est rapidement imposé. Depuis ses débuts, la cantine d’entreprise «des chefs» s’est distinguée par son approche environnementalement responsable. Un moyen de se démarquer de la concurrence, mais aussi de traduire concrètement sa vision de repas savoureux et durables. Après avoir sorti de son catalogue certains aliments nuisibles à l’environnement tels que l’avocat ou le cabillaud, la société au statut d’entreprise à mission a également pris des engagements concernant ses emballages. D’abord en signant une charte dédiée au secteur de la restauration rapide, puis en intégrant le réemploi comme procédé logistique, intégré aux cycles de l’entreprise en amont comme en aval.
Une expérience client simplifiée, des taux de retour excellents
Avec, en ligne de mire, l’objectif de proposer un maximum d’emballages 100% réemployables. Côté approvisionnement, certaines lignes sont livrées dans un système de caisses réutilisables, via le gestionnaire Pandobac. Côté aval, beaucoup d’attention a été portée à l’éco-conception des produits, de manière à proposer des matériaux résistants et réutilisables. «Après analyse, il nous est apparu que ce n’est pas le verre qui est le plus vertueux pour notre activité. Nous avons choisi pour nos entrées, plats, desserts des contenants en Mepal, une résine», relève Hugo Fernandez Inigo responsable RSE de l’opérateur.
Pour que le consommateur s’y retrouve, et que l’expérience du réemploi soit la plus simple possible, un système de borne est mis en place. Les amateurs de déjeuner de chefs sur le pouce n’ont plus qu’à scanner leur contenant au moyen d’un QR code. Et le rapporter dans un délai de quatorze jours pour ne pas se voir débités de leur consigne. Et ça marche. Le taux de retour des contenants est excellent, même si la société de restauration le reconnait, peu d’entreprises ont déjà opté pour la formule «réemploi».
Et il n’y a pas que l’alimentaire
Si, chez le Fourgon, le lait et l’eau restent la star des commandes, le catalogue s’est élargi. On y trouve ainsi détergents, produits de bain ou de lessive dans un format réemployable. «Nous proposons de 600 à 1 200 références en fonction de la zone de l’entrepôt, car nous étoffons chaque offre avec une composante locale», complète Maxime Tharin. La société compte plus de 100 000 clients ayant déjà passé commande. Cinq ans après, ceux qui faisaient figure de précurseurs voient avec satisfaction d’autres acteurs leur emboîter le pas. «Plus nombreux seront les producteurs à s’y mettre, moins le réemploi coûtera cher, continue Philippe Lelong avant de glisser : Quoique, à l’inverse, si je reste l’un des seuls à proposer des bouteilles réemployables, cela me fait un sacré argument concurrentiel !».



















