Aura Aero ne cesse de grandir et d’innover. Début avril, la société aéronautique française, fondée en 2018 par des anciens d’Airbus, a levé plus de 340 millions d’euros, notamment pour construire son futur avion hybride-électrique ERA. E attente de certification, l’appareil fait déjà l’objet de commandes. Mais en parallèle, la société basée à Toulouse travaille sur d’autres projets, et sa branche Défense, Aura M, a dévoilé les premières images de son drone militaire, indique Actu Toulouse.

Connu sous le nom d’Enbata, il s’agit d’un drone MALE (moyenne altitude longue endurance) multimission conçu pour répondre aux besoins des forces armées «sur les théâtres d’opérations exigeants», peut-on lire. En réalité, sa maquette avait déjà été présentée à l’occasion du Salon de l’Aéronautique et de l’Espace 2025 et une convention de subvention a déjà été signée avec la Direction générale de l’armement (DGA). Pouvant voler à 25 000 pieds, il dispose d’une autonomie maximale de 55 heures. D’une envergure de 17 mètres, il peut embarquer 1 050 kg de charge utile.

Conçu pour des missions variées

Plus globalement, ce drone est destiné à des missions variées, que ce soit le renseignement stratégique longue portée, les opérations de lutte anti-drones, la guerre électronique, la surveillance maritime, la reconnaissance armée ou le relais de communications. Avec son architecture numérique «ouverte et évolutive», il peut se déployer rapidement sur des théâtres d’opérations, réaliser des décollages et atterrissages automatiques et est certifié pour des opérations en environnement aérien civil réglementé.

Certifié ITAR-Free, l’Enbata embarque de l’intelligence artificielle et a été conçu pour être largué par un A400 M. «Son train d’atterrissage et ses pneumatiques basse pression ont été spécifiquement conçus pour s’adapter aux pistes sommaires et non préparées», précise Aura Aero auprès de nos confrères. Si la société toulousaine espère son premier vol d’ici la fin de l’année, sa disponibilité est prévue pour 2028. Pour l’heure, le drone militaire n’est pas encore certifié par l’Agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne (EASA).

Du militaire au civil ?

Dans un premier temps, l’Enbata est réservé au marché militaire, mais Aura Aero voit déjà plus loin. Sa capacité à rester longtemps dans les airs pourra s’avérer utile dans «la surveillance des feux de forêt», laisse notamment entendre le constructeur aéronautique. Mais d’ici là, il y a encore du travail. Epaulée par Safran, Thales et d’autres petits acteurs, la société peut aussi compter sur Airbus depuis 2024 afin d’obtenir les certifications nécessaires.