Une entreprise de boulangerie-pâtisserie à la renommée internationale, mais dont le prestige ne lui permet plus de survivre. La maison Poilâne, fondée à Paris en 1932, a été placée en redressement judiciaire, à sa demande. Ainsi, le tribunal des activités économiques de Paris s’est prononcé en ce sens le 19 janvier dernier. Comme le rapporte Le Parisien, la société, en état de cessation de paiements, justifie cette décision par une baisse des ventes.

«Il ressort des renseignements recueillis et des explications des parties que la SAS Poilâne a subi les conséquences d’une fermeture administrative faisant suite à un incident sanitaire», explique le jugement. En effet, à la suite d’un contrôle sanitaire, la production s’était arrêtée en juin 2025 au sein de la manufacture de Bièvres, en Essonne. Les inspecteurs de la direction départementale de la protection des populations avaient invoqué des problèmes d’hygiène et de sécurité alimentaire.

Les emplois intégralement maintenus

Ainsi, l’entreprise familiale avait dû mobiliser les boulangers et fournils parisiens pour continuer à produire du pain mais ces derniers n’ont pas réussi à répondre à l’ensemble des demandes. Selon la direction de Poilâne, la baisse de la consommation ou encore la concurrence accrue sont aussi à l’origine de ce redressement judiciaire, comme elle l’a évoqué dans une note interne adressée aux équipes début février. Ainsi, ce redressement judiciaire doit permettre à l’entreprise de «remonter la pente».

Celui-ci «vise à placer l’entreprise sous la protection du tribunal afin de lui donner les moyens nécessaires (...) et engager (...) les actions indispensables à son redressement», affirme la dirigeante de la société, Apollonia Poilâne, contactée par Le Parisien. «Les emplois sont intégralement maintenus et cette procédure n’entraîne aucun changement dans le fonctionnement quotidien de l’entreprise ni dans l’organisation des équipes», ajoute-t-elle. Si, en interne, certains redoutent une femeture définitive de la manufacture de Bièvres, la direction de Poilâne assure vouloir «présenter à terme un plan de continuation, avec éventuellement le soutien d’un partenaire».