
Nouvel exemple d’une industrie française en difficulté. Comme l’a appris ICI Nord le 7 janvier, la verrerie Arc France a été placée en redressement judiciaire en raison notamment d’une «dégradation sévère et continue» de son environnement de marché. Touchée de plein fouet par la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine, et non remise de la pandémie de Covid-19, la verrerie a pourtant bénéficié de nombreux plans de refinancement. Mais cela n’a pas suffi. Le préfet du Pas-de-Calais a annoncé son intention de soutenir et d'accompagner les quelque 3 500 salariés «pour que cette situation difficile soit appréhendée avec bienveillance et détermination».
Et dans la foulée, on apprenait que Timothée Durand, petit-fils du patron emblématique d'Arc, allait proposer un projet de reprise. Selon l’entreprise, cette offre de reprise est d’ailleurs «sérieuse» et «réaliste». Lors d’un point presse tenu aux côtés du ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, Timothée Durand a annoncé vouloir injecter 50 millions d’euros, indique BFM. Mais il faudra surtout «redimensionner» la société, a-t-il concédé.
96 millions d’euros de dettes
Parmi les mesures envisagées : une réduction des effectifs, de l’ordre de 500 à 600 personnes. Timothée Durand prévoirait également la fermeture de deux des fours du site d’Arques et de demander à l’Etat l’effacement de ses 96 millions d’euros de dettes. Pour financer les 50 millions d’euros, l’héritier de la verrerie serait associé à un autre héritier, celui de Decathlon, a appris BFM.
Il s’agirait de Matthieu Leclercq, fils de Michel Leclercq, ancien directeur du conseil d’administration et fondateur de l’enseigne de sport de 2012 à 2018. Matthieu Leclercq avait ensuite quitté Decathlon après des désaccords avec d’autres actionnaires de la famille Mulliez. Selon les données de Challenges citées par nos confrères, il serait doté d’une fortune avoisinant le milliard d’euros.
Une concurrence accrue
Reste à savoir si la somme injectée par le duo sera suffisante, car comme le concédait Nick Hodler, le directeur général d'Arc France, malgré un énième plan de refinancement et de relance (200 millions au total depuis le début) validé en avril dernier par la justice, «notre modèle doit encore se transformer en profondeur (…), en revoyant notre schéma industriel et donc en réduisant nos effectifs». La concurrence émanant de pays comme la Turquie ou l’Egypte, ainsi qu’un marché des Arts de la table en net repli, compliquent la donne.















