Elle a été contrainte de baisser le rideau, le vendredi 30 mai. La manufacture Poilâne, située à Bièvres dans l’Essonne, a dû arrêter sa production en raison «de graves non-conformités en matière d’hygiène et de sécurité alimentaire», affirme la préfecture de l’Essonne, relayée par Le Parisien. Le site de boulangerie-pâtisserie est ainsi sous le coup d’un arrêté préfectoral de fermeture, pris après un contrôle sanitaire mené deux jours plus tôt par des inspecteurs de la direction départementale de la protection des populations (DDPP).

À l’occasion de ce contrôle, les agents de la DDPP ont constaté «la présence dans l’ensemble de l’établissement de nombreuses déjections et urine de rongeurs, de rongeurs morts, d’insectes volants, rampants et de leurs larves», tout comme «l’absence de tenues adaptées pour l’ensemble du personnel, l’état de très grand désordre, d’encombrement et de saleté générale des locaux». Ont également été relevés «les nombreux défauts de maintenance, l’insuffisance des installations pour l’hygiène du personnel, les mauvaises conditions de stockage des denrées…»

Des représentants du personnel avaient prévenu la direction

Ainsi, tous ces manquements «sont susceptibles de présenter des dangers graves et imminents pour la santé publique», d’après les services de l’Etat. C’est pourquoi il était nécessaire de «faire cesser sans délai l’activité de l’établissement». Le PDG d’Apollonia Poilâne a reconnu, à nos confrères, avoir pris les mesures nécessaires le jour-même. «Ceci inclut le nettoyage complet des ateliers concernés et l’intervention d’une entreprise spécialisée dont l’intervention a démarré [le 2 juin]», explique-t-il par mail. Pourtant, des représentants du personnel avaient alerté la direction, à cinq reprises au moins, entre décembre 2024 et mai dernier.

Face à cette situation, Apollonia Poilâne essaye tout de même de produire ce qui peut encore l’être. «Nos boulangers et compagnons sont à pied d’œuvre pour augmenter la production de pain depuis nos boulangeries situées boulevard de Grenelle et rue du Cherche-Midi», explique l’entreprise, qui reconnaît ne pas être en mesure de «satisfaire l’ensemble des demandes».