Comment adapter une entreprise de 250 000 salariés à la révolution numérique ? Comment repenser son business quand son activité historique chute de 8% tous les ans ? C’est le défi titanesque auquel est confrontée La Poste depuis 2010. Et force est de constater qu’elle s’en tire plutôt bien. Dans la livraison de colis, elle est devenue le leader en Europe. Ses services à domicile visent le milliard d’euros. Et surtout, La Banque postale, désormais mariée à CNP Assurances, est entrée dans la cour des grands des institutions financières. PDG depuis 2013, l’énarque Philippe Wahl détaille ses ambitions.

Observez-vous un ralentissement de la chute du courrier post-Covid ? Êtes-vous revenus au rythme d’avant-crise, autour de -7% par an ?

La baisse sera en 2021 moins forte qu’en 2020, qui était une année exceptionnelle, mais on va revenir au moins à la tendance initiale de - 8% par an, ce qui représente 600 millions d’euros de chiffre d’affaires perdus chaque année. La hausse des tarifs ne compense que partiellement, à 240 millions. Nous avons pu encaisser ce choc grâce à la croissance du colis et des activités à l’international.

Êtes-vous satisfait des compensations de l’Etat liées aux contraintes de service public ?

La décision de l’Etat est une première dans l’histoire de La Poste. Et ça conforte le service public. Nous sommes satisfaits de cet arbitrage qui prévoit une enveloppe de 500 à 520 millions d’euros par an, en fonction de critères qualitatifs. Cette somme correspond à notre mission de service universel postal qui se traduit, par exemple, par la distribution du courrier 6 jours sur 7. Nous avons trois autres missions de service public : l’accessibilité bancaire, l’aménagement du territoire, le transport et la distribution de la presse.

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