
Trenitalia, La Renfe, Le Train ou encore Velvet… autant d’acteurs et de concurrents de la SNCF qui sont en colère. Car si la société ferroviaire historique française voit la concurrence arriver rapidement sur le réseau national ou régional, elle se fait à pas comptés. Mais elle inquiète, à tel point que la SNCF a commandé un rapport au cabinet Groupe3E Consultants qui a mis en évidence «une menace» pour le système ferroviaire français. Quoi qu’il en soit, les différents acteurs tentent d’avancer, mais cela est compliqué, indique BFM.
Pourquoi ? D’abord à cause du coût. Les nouveaux acteurs doivent en effet payer des droits de péage au gestionnaire d’infrastructures, à savoir SNCF réseau. Or, comme le soulignent nos confrères, ces coûts de péage sont les plus élevés d’Europe, à tel point que Trenitalia les a dénoncés en juin dernier. Après avoir dépensé 200 millions d’euros en quatre ans, «un montant considérable», la compagnie italienne ne veut plus contribuer davantage, car des droits «constituent un frein au développement de la concurrence».
La Renfe et Trenitalia dénoncent les délais
Ils sont, selon Trenitalia, «quatre fois plus cher que le niveau des péages ferroviaires italiens ou allemands». Mais ce n’est pas le seul problème, loin de là. L’homologation du matériel roulant en est un autre. Et c’est l’Association française du Rail (AFRA), qui réunit tous les concurrents de la SNCF, qui a mis en exergue ce problème. Pour l’association, ces délais d’homologations sont autant de pertes pour les compagnies qui souhaitent entrer sur le marché puisqu’elles ont acheté le matériel et il ne peut pas rouler.
L’opérateur espagnol La Renfe, par exemple, avait projeté de faire rouler ses rames Talgo pour les Jeux olympiques de Paris 2024. Mais sa trentaine de rames n’a jamais été prête à temps, faute d’obtention de certificat de sécurité. Depuis, elle accuse la France d’entraves et de non-réciprocité. Pourquoi ? En dénonçant le lien qu’existerait entre le gestionnaire du réseau (SNCF Réseau) et la SNCF. Interrogé par BFM, le directeur des TGV/Intercités chez SNCF Voyageurs, Alain Krakovitch, évoque son étonnement : «Il m’est difficile de comprendre les accusations dont nous faisons l’objet alors que tout est très réglementé, contractualisé et transparent.»
Des entreprises d’homologation plus indépendantes ?
Mais La Renfe n’est pas la seule à se plaindre. Lors de la conférence de presse tenue par l’AFRA, le président de Trenitalia France, Marco Caposciutti, a également déploré ces délais : «Pour homologuer les mêmes rames de train, il a fallu quatre ans en France et seulement deux ans en Espagne, les process doivent être améliorés.» Si les journées de test (une par semaine en France, contre trois en Espagne), sont évoquées pour expliquer ces délais, les opérateurs remettent en cause l’indépendance des entreprises d’homologation.
Pour ces différents acteurs, ces entreprises seraient trop proches de la SNCF. Nos confrères de BFM rappellent que si certaines entreprises sont bien des filiales de la SNCF (comme Eurailtest), toutes ne le sont pas. Toutefois, il existe encore «beaucoup de compétences qui restent chez SNCF», pointe du doigt le vice-président de l'AFRA et PDG de DB Cargo France. Alexandre Gallo réclame clairement que ces entités soient «détachées» et «indépendantes» de SNCF Voyageurs.


















