
500 milliards pour la relance, dans l’énergie, les infrastructures et la défense. Vendredi 21 mars, le Parlement allemand a adopté ce vaste plan de relance soutenu par Friedrich Merz alors même qu’il n’est pas encore chancelier. Partisan de l’orthodoxie budgétaire, le chef de la droite chrétienne allemande a donc changé d’avis. Ce vaste plan de dépenses publiques doit permettre au pays de s’endetter davantage pour financer sa défense, indique 20 Minutes. Mais la France va-t-elle souffrir de cette décision ?
Le premier mauvais point pour l’Hexagone, c’est que les investisseurs «auront tout intérêt à se placer plutôt sur la dette allemande», note Marc Touati auprès de nos confrères. Pourquoi ? Car la dette française est notée aujourd’hui AA- tandis que l’Allemande est à AAA. Le conseiller économique chez Etoro ajoute que les investisseurs restants «proposeront des taux d’intérêt plus haut avant de s’engager dans une dette plus risquée à rembourser que celle de l’Allemagne», donc la consommation et la croissance françaises pourraient être impactées.
Vers une hausse des taux d’intérêt
D’ailleurs, depuis cette annonce, les taux d’intérêt des pays européens ont déjà augmenté «par effet domino», souligne Marc Touati. Autre élément, et non des moindres : l’image que va renvoyer l’Allemagne. Jusqu’alors, elle était louée pour son sérieux budgétaire, mais son endettement pourrait trahir la confiance sur les marchés. Mais outre-Rhin, on semble voir les choses autrement : «Les investissements dans les infrastructures sont comme un plan Marshall allemand», a laissé entendre le ministre-président de Bavière, Markus Söder, cité par Les Echos. La présidente du Bundesrat considère qu’il s’agit d’un «signal historique» et que l’Allemagne est «prête à prendre [son] destin en main».
Un analyste chargé des notations d'entreprises européennes, cité par Les Echos, considère que les dépenses sont réalisables, mais qu’il «faudra un certain temps pour qu’elles se répercutent». Toutefois, la relance allemande n’est pas forcément une mauvaise nouvelle pour la France. C’est ce que pense le professeur émérite à l’université de Pau, Jacques Le Cacheux, interrogé par 20 Minutes, qui estime que l’Allemagne va retrouver de la croissance. Or, Berlin étant le premier partenaire commercial (importations et exportations) de la France, les échanges pourraient grimper.
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Deux derniers points peuvent jouer en faveur de la France : des investissements en Allemagne sur ses infrastructures vétustes (le pont de la Ringbahn a par exemple été fermé en urgence mercredi 19 mars à cause de fissures) pourraient voir le jour. Ils étaient réclamés de longue date. Enfin, raillée sur sa dette, la France pourrait être épargnée quelque temps par les Allemands. La France pourrait donc souffrir de ce plan de relance à court terme, mais à long terme, l’économie française devrait en profiter. Une question reste en suspens : ces investissements seront-ils suivis ailleurs en Europe ? Là est tout l’enjeu.



















