Qui aurait dit il y a encore quelques semaines que le géant de la glace Magnum allait vaciller en Bourse ? Après avoir longtemps appartenu au groupe Unilever, la scission des glaces Magnum a été finalisée au mois de décembre dernier. Cette opération a laissé place à une nouvelle entité, «The Magnum Ice Cream Company», avant que la société ne s’introduise en Bourse à Amsterdam, puis à New York et à Londres, valorisant le groupe à 7,8 milliards de dollars.

Et même si le groupe détient des marques très connues des consommateurs dans le monde entier, comme Carte d'Or, Cornetto, Ben & Jerry's et surtout Magnum, UBS soulignait déjà certains risques. Et ils sont désormais réels, rapporte BFM Bourse. Car l’action du groupe a dégringolé de 16% à la Bourse d’Amsterdam jeudi 12 février. La faute aux médicaments anti-obésité, que ce soit les Wegovy et l'Ozempic de Novo Nordisk ou le Mounjaro d’Eli Lilly.

Des résultats décevants

Pour UBS, ce type de médicament est «un obstacle permanent pour les glaces et autres catégories de snacks, en particulier aux États-Unis, où TMICC a souligné que leur pénétration devrait atteindre 8% à 11% de la population d'ici 2030». D’autant que les résultats annoncés par le groupe spécialisé dans les glaces n’ont en rien rassuré. Au quatrième trimestre 2025, les ventes ont reculé de 0,7% alors que la croissance était attendue à 3,7%.

Les chiffres ont notamment été décevants en Amérique du Nord, précise BFM Bourse, même si les revenus globaux générés ont augmenté de 4,2%. Mais dans le même temps, l’Ebitda a affiché un certain recul par rapport aux attentes. Toutefois, pour 2026, The Magnum Ice Cream Company table quand même sur une croissance de ses ventes de 3% à 5%, même si pour les analystes cités par Bloomberg, les indicateurs ne sont pas très «encourageants», comme le précise David Hayes, analyste chez Jefferies.

La «junk food» et les boissons sucrées aussi concernées

Malgré ces critiques, le directeur général du groupe se veut rassurant et préfère mettre en avant les produits à faible teneur en calories et riches en protéines de la société, ainsi que les versions à portions contrôlées de certaines marques. Ce phénomène est loin d’être nouveau, puisque depuis trois ans déjà, les investisseurs craignent les effets de ces médicaments, rappellent nos confrères. La banque Jefferies avait notamment pointé du doigt le secteur de la «junk food» avec comme principales «victimes» des groupes comme Mondelez, Hershey, ou Nestlé. PepsiCo ou Coca-Cola étaient, de leur côté, dans le viseur de Bank of America.