
Les Français seraient-ils devenus raisonnables ? Autrefois fervents amateurs de vin au quotidien, ils semblent aujourd'hui préférer la modération. Exit la bouteille de vin rouge sur les tables ! En 50 ans, la consommation d’alcool en France a été divisée par trois. Et les chiffres ne vont pas aller en s’améliorant : d’ici à 10 ans, les Français consommeront encore 17 à 25% d’alcool en moins. Les raisons ? Des changements d’habitudes de consommation, un recentrage sur le bien-être depuis la crise du covid, et des arbitrages budgétaires. Car depuis plusieurs années, entre la crise inflationniste et les problèmes climatiques, le prix des produits alcoolisés a fortement augmenté.
Si les pouvoirs publics peuvent se féliciter de ces nouveaux comportements, les cavistes font grise mine. Alors pour relancer la consommation, l’enseigne leader des vins et spiritueux en France, Nicolas, a taillé ses prix dans le vif. À partir de ce mercredi 26 mars, les étiquettes tarifaires de 150 articles (vins, champagnes, spiritueux) sont à la baisse, «de quelques centimes à quelques euros», confie à Capital Christopher Hermelin, directeur innovation et marketing chez Nicolas. D’autres produits viendront enrichir cette liste dans les mois à venir.
Baisse de prix de 21% sur le Ricard et de 14% sur le Martini
Dès aujourd’hui, le prix du champagne Laurent Perrier La Cuvée Brute passe de 48 euros à 42,9, soit une baisse de 10,6%, le Martini blanc de 17,5 à 12,5 euros (-28,5%), le Ricard de 22 à 17,3 euros (-21,3%), ou encore le Menetou Salon blanc Bardi de 16,95 à 15,9 euros (-6,19%). «Nous essayons de revenir sur un positionnement tarifaire d’avant la crise inflationniste pour rester accessible», ajoute-t-il, en assurant que cet écart de prix n'est pas supporté par ses producteurs de vin.
Avec cet effort tarifaire, qui coûtera 12,5 millions d’euros à l’enseigne, soit 5% de son chiffre d’affaires, l’objectif est clair : faire revenir les clients, nombreux à fréquenter moins assidûment les 500 points de vente Nicolas. «Nos ventes ont reculé de 5% en 2024 et la fréquentation a diminué de 10% dans nos magasins. Avec cette opération, pérenne, nous espérons revenir à l’équilibre fin 2025», assure Christopher Hermelin. Un pari de taille.




















