Sa venue est très attendue ce mercredi 25 février au Salon de l’agriculture. Comme l’a appris Radio France ce matin, le commissaire européen à l'Agriculture, Christophe Hansen, doit effectuer une visite à Paris et surtout annoncer une aide de 40 millions d’euros pour tous les viticulteurs français. Un déplacement scruté de près, car de nombreux agriculteurs français sont en colère contre Bruxelles, notamment depuis la signature du projet d’accord sur le Mercosur. Si le commissaire juge leur colère «compréhensible», pour lui, ce «n’est pas la solution».

Selon le Luxembourgeois, il est «important de parler des préoccupations majeures qui se posent à nos agriculteurs et producteurs alimentaires et de trouver des solutions», et c’est dans ce cadre que cette enveloppe de 40 millions doit être annoncée. Elle vise tous les viticulteurs qui ont des difficultés à écouler leurs stocks, une «bouffée d'oxygène pour le secteur», décrit-il. Selon le site Toute l’Europe, ces 40 millions serviront au financement du mécanisme de distillation de crise. C’est ce mécanisme qui, en cas de surproduction, permet de convertir des stocks excédentaires de vin en alcool réservé à un usage industriel.

Un million d’hectolitres sur le marché

Alors que plus d’un million d'hectolitres de vins rouge et rosé doivent être retirés du marché, la mesure, qualifiée de «grande annonce» par Christophe Hansen, va aussi permettre de stabiliser les prix, même si la filière du vin réclamait 80 millions d’euros. Auprès de Radio France, le commissaire européen ajoute que la somme «pourra aussi être complétée par la France».

Pourquoi le secteur est-il autant «sous pression» ? Il y a en réalité de nombreux paramètres, à commencer par les maladies animales comme la dermatose nodulaire, mais également «des pressions géopolitiques suite à la guerre en Ukraine», met en avant Christophe Hansen, sans oublier les droits de douane américains : «Des marchés internationaux où les débouchés deviennent moindres à cause des tarifs imposés par l'administration Trump», concède-t-il.

Si le commissaire européen a l’intention d’annoncer que le budget de la politique agricole commune (PAC) ne baissera pas, les droits de douane sur les importations d’engrais azotés et de leurs matières premières ont été suspendus un an, ce qui devrait permettre aux agriculteurs et fabricants d’engrais d’économiser 60 millions d’euros. Concernant le Mercosur, la décision n’a «pas encore prise», assure-t-il, et elle ne sera tranchée qu'«après consultation des États membres, mais aussi du Parlement européen».