
Cette fois, c’est fait. Après plus de 25 ans de négociations, l’Union européenne et le Mercosur ont signé, ce samedi 17 janvier à Asuncion (Paraguay), un traité créant l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde. L’ensemble des pays concernés par cette alliance intercontinentale représente 30% du PIB mondial et crée un marché de 700 millions de consommateurs. Cet accord commercial prévoit notamment de supprimer une grande partie des droits de douane entre le Vieux Continent et les pays du Marché commun du Sud.
Toutefois, certains pays occidentaux sont hostiles à cet accord, la France en tête. En cause : les inquiétudes du monde agricole face aux exportations provenant d’Amérique du Sud. D’ailleurs, les agriculteurs français ont prévu de se rassembler à Strasbourg, devant le Parlement européen, ce mardi 20 janvier. Pourquoi ce lieu ? Les députés européens doivent encore se prononcer sur ce texte pour que celui-ci soit ratifié.
En parallèle, une autre fronde s’organise sur le territoire. Alors que les acteurs de la grande distribution ne semblent pas enclins à accueillir les articles sud-américains dans leurs allées, certains départements souhaitent boycotter ces produits dans les cantines des collégiens. Capital fait le point.
La grande distribution française ferme la porte aux produits sud-américains
Les produits issus du Mercosur seront-ils dans les rayons des supermarchés ? Les grands distributeurs français n’y sont pas favorables. Une bonne nouvelle pour l’agriculture et l’élevage français. Intermarché, Carrefour, Coopérative U… Les patrons des grandes enseignes tricolores ont pris la parole, en ce début d’année, pour éclaircir leur position. Invité sur France 2 le 12 janvier dernier, Thierry Cotillard, président du groupement Les Mousquetaires (Intermarché et Netto), souhaite «rassurer les agriculteurs». A la question de savoir s’il fera rentrer des produits issus des pays du Mercosur dans les magasins de son groupe, il a répondu sans hésiter : «non, nous ne le ferons pas». «C'est un engagement ferme», a-t-il insisté. Il a prévenu également que «Carrefour, Système U, et Leclerc auront les mêmes positions».
Justement. Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, a estimé, le 7 janvier dernier sur BFMTV, que l’adoption du Mercosur aura un impact «assez limité». La raison ? Les choix d’approvisionnement du groupe. «La décision du groupe Carrefour et de ses confrères est de s’approvisionner quasi exclusivement, voire exclusivement, selon les filières en produits français», a-t-il affirmé, tout en détaillant que «100% de la volaille est française, 97% du bœuf est français et 100% du porc est français». Pour lui, «il n’y aura pas de grand changement», ses magasins étant «approvisionnés de manière locale».
Quant à Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, invité de la matinale de TF1 le 7 janvier dernier, il faut «protéger nos agriculteurs». Pour lui, «il n'est pas possible d'importer en France un produit (...) d'Amérique du Sud qui aurait des conditions de production moindres que celles qu'on exige en France». Sa décision, elle, est prise : son groupe n’importera aucun «de ces produits d'Amérique du Sud concernés par ce traité». A condition, selon lui, que ces produits soient «disponibles en France». Mais la grande distribution n’est pas la seule à anticiper l’accord et à prendre des mesures.
Pas de produits provenant d’Amérique du Sud dans certaines cantines des collèges ?
Que va manger votre adolescent à la cantine ? Certains départements ont fait part de leur volonté de bannir les produits alimentaires sud-américains des cantines scolaires dans les collèges rattachés à leur périmètre. C’est notamment le cas du département du Loiret, qui l’a annoncé dans un communiqué le 14 janvier dernier. Les chefs de cuisine scolaire sont désormais invités «à ne pas acheter» les produits provenant du Mercosur. Au total, 68 collèges publics sont concernés, soit «un peu plus de 24.000 repas journaliers», selon Marc Gaudet, président (UDI) du conseil départemental, cité par l’AFP. Même si la proportion des aliments d’Amérique du Sud reste «résiduelle» dans les cantines du Loiret, M. Gaudet pointe la présence de «produits transformés et de viande surgelée hors-UE». La motion doit être soumise à un vote lors de l’assemblée départementale, qui aura lieu le 30 janvier prochain. L’élu espère que les communes et les régions suivront cette démarche, respectivement pour les écoles primaires et les lycées.
Cette initiative semble bien avoir été suivie dans une autre collectivité. Ce vendredi 16 janvier, le département de la Marne a annoncé sa volonté de ne plus remplir les menus des cantines de ses collèges avec des produits alimentaires originaires des pays composant le Mercosur, selon France Bleu. Sont concernées 43 cantines. Reste à savoir si d’autres actions verront le jour dans les jours et semaines qui suivent.
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