
La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a présenté mardi 24 mars une série de mesures destinées à contenir l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur les coûts agricoles. Parmi elles, un prêt carburant à court terme pour «soulager les trésoreries les plus concernées par l'augmentation du GNR», ainsi que des prêts structurels pour certaines filières, pour un encours total de 500 millions d’euros. La ministre a également évoqué des reports de cotisations MSA et de certaines obligations fiscales, mais aucune aide directe à la pompe.
La hausse du gazole non routier, passé de 1,30 à 1,95 euro le litre depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, et l'envolée des prix des engrais, dont 33 % du trafic mondial passe par le détroit d'Ormuz au cœur du conflit, motivent ces dispositifs. Annie Genevard a rappelé que «le GNR est un carburant déjà largement soutenu par l'Etat, car chaque année, dans le budget, il représente près d'1 milliard d'euros d'allègements fiscaux». La ministre a qualifié ces mesures de soutien «structurel».
«Les agriculteurs ne font pas l'aumône»
Pour David Lisnard, fraîchement réélu maire de Cannes et président de l'Association des maires de France, ces annonces restent insuffisantes. Sur son compte X, il dénonce : «Des aides. Encore des aides. Toujours des aides. Les agriculteurs, comme les pêcheurs, ne font pas l'aumône». Ces derniers, affirme David Lisnard, «attendent qu'on les respecte, qu'on les considère comme des entrepreneurs et qu'on les libère du poids des normes, des surtranspositions et des contraintes réglementaires et fiscales qui les plombent depuis tant d'années».
David Lisnard plaide pour une approche de long terme : «La réponse à leur apporter réside dans la relocalisation de la production d'engrais, le développement des engrais organiques issus de nos filières d'élevage, notamment porcin et avicole, l'investissement dans les engrais à base d'hydrogène, la construction d'usines dédiées» Dénonçant un «manque de cohérence industrielle», l'élu n'en démord pas : les agriculteurs «ne demandent pas des prêts qu'ils auront du mal à rembourser. Ils ne veulent pas des reports de taxes qu'ils devront payer. Ils ont besoin de compétitivité et de liberté». Après les annonces du gouvernement pour les transporteurs routiers et les pêcheurs lundi, les agriculteurs, par la voix de leurs syndicats, réclamaient un soutien directement à l'achat.


















