
Alors qu'il s'était jusqu'ici prononcé en faveur de baisses des taux plus agressives, le responsable de la Réserve fédérale (Fed) Stephen Miran, a estimé ce jeudi 19 février, dans une interview, que les données macroéconomiques le faisaient désormais pencher vers un assouplissement monétaire plus modéré. Nommé par Donald Trump initialement jusqu’à fin janvier en remplacement d'un membre démissionnaire, M. Miran s'est systématiquement prononcé en faveur d'une baisse plus marquée des taux de la Fed, position défendue par le président des Etats-Unis.
Donald Trump estime que l'institution et son président, Jerome Powell, n'agissent pas assez et trop tard. Lors des réunions du dernier trimestre 2025, Stephen Miran avait voté en faveur de baisses de 0,5 point de pourcentage, regrettant l'attitude prudente de ses collègues membres du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC). Il avait estimé que l'inflation, passagère car provoquée temporairement par les droits de douane, n'était plus un sujet d'inquiétude alors que le marché de l'emploi montrait des signes de ralentissement.
L'économie américaine en bien meilleure position
Mais dans une interview accordée à la journaliste Izabella Kaminska pour son blog The Peg, le responsable juge désormais que l'économie américaine est en bien meilleure position qu'il ne l'envisageait jusqu'ici. «Les données sur le marché de l'emploi sont ressorties un peu meilleures que je ne l'anticipais ces derniers mois. Il y a également des signes de raffermissement de l'inflation sur les biens. Ces éléments combinés me feraient revenir sur ce que j'ai fait en décembre», a souligné M. Miran.
Il s'était alors prononcé pour une baisse des taux sous 2,25% d'ici à la fin de l'année mais il semble désormais revenir à sa position de septembre dernier, où il envisageait plutôt des taux sous 2,75% d'ici fin 2026. Les taux de la Fed se situent actuellement dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75% et la très grande majorité des analystes s'attendent à ce qu'ils restent inchangés lors de la prochaine réunion du FOMC, prévue les 17 et 18 mars, selon l'outil de veille du groupe CME, FedWatch. Les marchés restent plus largement prudents, ne commençant à anticiper une nouvelle baisse des taux, de 0,25 point, qu'au mieux lors de la réunion de mi-juin.
Conseiller économique de Donald Trump avant d'être nommé à la Fed en septembre, Stephen Miran a annoncé au début du mois quitter son poste à la Maison Blanche. Si son mandat à la Fed expire fin janvier, il peut continuer à occuper son poste jusqu'à l'arrivée de son successeur, qui devrait être le candidat de Donald Trump au poste de président de la Fed, Kevin Warsh. La nomination de M. Warsh doit être validée par les sénateurs, au cours d'un processus qui peut s'étaler sur plusieurs mois.



















