Enjamber, désenclaver, libérer. Pour les 780 000 habitants de Ciudad Bolivar, un quartier perché du sud de Bogota, le câble tendu au-dessus de leur tête est comme une ligne de vie. Les quelque 3,5 kilomètres du TransMiCable, cette infrastructure inaugurée en 2019 dans la capitale colombienne, composée de 163 cabines emportant chacune 10 personnes, leur permettent en effet de rallier la vallée en seulement un quart d’heure. Quand les bus publics disponibles mettent eux plus d’une heure trente à se frayer un chemin sur la route escarpée reliant le Mirador del Paraiso, le haut de cette favela situé à près de 3 000 mètres d’altitude, jusqu’à Tunal, la station en contrebas, connectée au réseau de transport urbain de la capitale colombienne. Un temps de trajet auquel il faut ajouter une heure, en moyenne, pour traverser une ville que l’institut de recherche Inrix classe dans le top 5 des plus congestionnées au monde, assez loin devant Paris ou Londres.

Mais ces télécabines, qui accueillent en moyenne 25 000 passagers par jour, ne font pas que sauter les bouchons. Elles contribuent aussi à changer des vies, notamment celles des femmes. «Ciudad Bolivar a toujours vécu avec le cliché de la délinquance. L’équipement nous a permis de faire venir des services publics comme l’aide à l’enfance, l’eau, le gaz ou l’électricité. On a fait des jaloux parmi les autres communautés», confie Mariella Caro de Cadena, 71 ans et «leader social» historique de ce bidonville.

Une solution de transport qui se généralise

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