
Allez-vous bientôt trouver les billets de train de Trenitalia ou de La Renfe sur l’application SNCF Connect ? C’est ce que souhaitent en tout cas les sénateurs. C’est en ce sens qu’a été votée jeudi 16 avril au Palais du Luxembourg une mesure transpartisane visant à contraindre la société ferroviaire française à commercialiser les billets des autres opérateurs sur son application dès 2028, rapporte TF1. Une mesure permettant aux voyageurs de trouver «le plus facilement possible, le meilleur voyage au meilleur prix», a mis en avant l’un des porteurs du texte, le sénateur Franck Dhersin.
Le sénateur du Nord a d’ailleurs ajouté que ce n’était pas «un cadeau qu'on fait à la concurrence», mais «une opportunité». Le gouvernement, qui soutient «une offre ferroviaire plus accessible et plus diversifiée», est favorable au texte. Une mesure bienvenue pour les usagers qui réclament plus de choix ou encore «tester le confort des autres compagnies par rapport au retard», comme l’explique une femme au micro de TF1.
La SNCF opposée à la mesure
Mais aussi pour la concurrence : «Si on veut ouvrir le marché ferroviaire de la concurrence, il faut laisser l'accès aussi aux différents opérateurs», plaide le directeur marketing et commercial chez Trenitalia France, Fabrice Toledano. Il souligne auprès de TF1 que SNCF Connect doit «permettre aussi d'être accessibles et donc potentiellement choisis par d'autres voyageurs». Mais la SNCF est loin de partager ce constat, et souligne qu’«aucune réglementation nationale ou européenne» n’impose à des sites de distribution comme SNCF Connect «de commercialiser des offres concurrentes».
De son côté, le sénateur LR Didier Mandelli a martelé que «l’ouverture à la concurrence ne doit pas se transformer en chaos pour l’usager» même si son collègue centriste Daniel Fargeot a estimé que la France «n’avait pas le luxe de faire de la SNCF le rat de laboratoire de la Commission européenne». Plus globalement, les sénateurs ont adopté une autre disposition visant à instaurer un «droit à la poursuite du trajet en cas de correspondance manquée».
Cette mesure sera appliquée même si plusieurs segments sont assurés par des opérateurs différents dans le cadre de l’ouverture à la concurrence de la SNCF. Si le billet a été acheté dans le cadre d’une seule transaction, cette nouvelle garantie n’entraînerait aucun coût supplémentaire pour l’usager. Un vote global sur cette loi-cadre transport est prévu le 28 avril avant la présentation du texte à l’Assemblée nationale.




















