Cela fait plus de 40 ans qu’il vit dans sa petite maison de 60 m² près du port de Sainte-Marie-la-Mer, dans les Pyrénées-Orientales. La vie de José est paisible, raconte France 3 Occitanie. A 81 ans, il se contente de peu, avec son coin cuisine, son lavabo ou son réfrigérateur. «Je suis bien là, c’est calme», souligne-t-il. Mais pour l’octogénaire, la situation pourrait changer. En effet, comme l’ont appris nos confrères, il pourrait être expulsé puisqu’il vient de recevoir un arrêté de «cessibilité». En clair, il pourrait être exproprié dans les mois à venir.

La raison ? L’aménagement et l’agrandissement du port de la commune. Selon France 3, comme lui, d’autres riverains sont concernés par ce projet, sauf que l’octogénaire est le seul à résider annuellement dans le secteur. Le problème, c’est qu’avec sa retraite actuelle d’environ 1 000 euros, il redoute de ne pas pouvoir se reloger ailleurs. «S’il faut que je paie un loyer, les charges, combien il va me rester... C’est ça qui m’inquiète un peu», confie-t-il résigné. Raison pour laquelle il aimerait rester plus longtemps.

Un logement social l’attend

Membre du collectif Renouveau, un de ses voisins, aussi candidat à la prochaine élection municipale, s’est saisi de l’affaire et compte défendre l’octogénaire. Au micro de France 3, il explique qu’il ne sait pas quel sera le montant de l’indemnisation ni «où il va aller». Il ajoute : «Je trouve qu’il n’est pas normal d’exproprier une personne âgée de cette façon, sans l’informer clairement, ni l’accompagner humainement… C’est une question de dignité.»

Autre problème, sa construction est jugée aujourd’hui comme illégale, d’autant qu’elle n’est pas raccordée aux réseaux. Ce type de terrain est indemnisable depuis 2024, mais pas le bâti, et seulement à hauteur de deux à six euros le mètre carré. Face à la polémique naissante, le maire de la ville a pris le dossier en main. Il a d’abord déclaré que ce genre de terrain situé en zone naturelle ne sera pas constructible et servira de zone de compensation environnementale.

Surtout, Edmond Jorda dit vouloir «accorder du temps» à l’octogénaire. Sa future expropriation ne fait partie que de la troisième phase du projet, et ne sera donc «mise en œuvre que dans cinq à sept ans». Enfin, il assure qu’il valorisera son bien au mieux et lui accordera «un logement social sur Sainte-Marie-la-Mer dès que cela sera possible». Un moindre mal même si José aurait aimé rester dans sa maison le plus longtemps possible.

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