En désherbant votre jardin durant les vagues de chaleur de cet été, sans doute avez-vous constaté à quel point le sol était craquelé. Quelques jours plus tard, vos chaussures s’enfonçaient au contraire dans une terre rendue boueuse par des pluies diluviennes. Ce phénomène naturel de retrait-gonflement des argiles (RGA) est accentué depuis quelques années par le dérèglement climatique, à l’origine de la multiplication et du rapprochement d’épisodes de très forte chaleur, suivis de précipitations intenses.

Au point de «fragiliser chaque année des milliers de maisons individuelles en France, le RGA provoquant l’apparition de fissures qui peuvent compromettre la solidité des bâtiments», alerte le ministère de la Transition écologique, à l’occasion du lancement, en ce mois d’octobre, d’une aide expérimentale pour financer la prévention du RGA dans 11 départements qui y sont très exposés. A savoir l’Allier, les Alpes-de-Haute-Provence, la Dordogne, le Gers, l’Indre, le Lot-et-Garonne, la Meurthe-et-Moselle, le Nord, le Puy-de-Dôme, le Tarn et Tarn-et-Garonne.

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3 millions de maisons concernées par le retrait-gonflement des argiles

Il faut dire que, sur un total de 21 millions de maisons en France, «plus de trois millions sont exposées à un risque RGA fort», précise le ministère. Le chiffre grimpe même à 10 millions en tenant compte des maisons moyennement exposées au RGA, selon l’association Qualitel. Un risque qui s’est déjà matérialisé pour nombre de maisons : «Sur les cinq dernières années, 70% du coût des indemnisations Cat Nat (catastrophes naturelles) liées aux bâtiments résultent du RGA», souligne le ministère de la Transition écologique. «Les habitations particulièrement vulnérables sont celles construites entre 1950 et 1990, avant l’entrée en vigueur des dernières réglementations environnementales», qui tiennent compte du risque de retrait-gonflement des argiles, précise à Capital Fabio Rinaldi, président du directoire du distributeur de matériaux de construction BigMat.

Bien que ce risque soit déjà répandu, et appelé à l’être encore davantage avec l’accentuation du dérèglement climatique, le retrait-gonflement des argiles est mentionné par seulement 12% des personnes interrogées par Qualitel sur leur conscience des risques climatiques pour le logement, selon les résultats d’un sondage publiés le 8 octobre par l’association. Or une maison dont la structure est fragilisée présente un danger pour ses habitants. Et impossible de la revendre pour en acheter une autre, personne n’en voudra !

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Eventuelle généralisation de l’aide publique face au RGA

D’où l’initiative de l’Etat lancée ce mois-ci dans les 11 départements les plus concernés par le RGA, afin de permettre aux propriétaires occupants de maisons de bénéficier, sous conditions de ressources, d’une subvention pour financer un diagnostic et des travaux préventifs. «L’objectif est de tester et d’évaluer les solutions les plus efficaces, dans la perspective d’une éventuelle généralisation de ce dispositif», indique le ministère de la Transition écologique. Pour en bénéficier, vous devez créer votre compte sur la plateforme Démarches Simplifiées. Vous pourrez ensuite constituer votre dossier de demande de subvention, en joignant les justificatifs nécessaires, comme votre avis d’imposition et vos attestations d’assurance. Pour la réalisation du diagnostic de vulnérabilité de votre maison, vous pourrez bénéficier, selon vos ressources, d’une aide représentant jusqu’à 90% de son coût, dans la limite d’un plafond de dépenses de 2 000 euros.

Une fois le diagnostic réalisé, vous déposerez un second dossier, pour solliciter une subvention finançant la réalisation des travaux recommandés. Toujours fonction de vos ressources, cette aide pourra également atteindre 90% des dépenses engagées pour la maîtrise d’œuvre (accompagnement par un architecte, par exemple), dans la limite d’un plafond de dépenses de 2 000 euros, et jusqu’à 80% du coût des travaux, plafonné, lui, à 15 000 euros.