Ils sont entrepreneurs à succès dans la tech, âgés d’une quarantaine d'années et parents de deux ou trois enfants. «Ils», c'est la nouvelle clientèle familiale du XVIIIe, qui a provoqué une envolée de… 35% des prix de l’immobilier haut de gamme dans cet arrondissement parisien jadis populaire, au premier trimestre, observe le réseau Barnes au sein de ses agences. «Par haut de gamme, on entend un prix moyen du mètre carré de 14 000 euros, contre un peu moins de 10 000 euros en moyenne à Paris, soit un écart de 40%», précise Richard Tzipine, directeur général de Barnes.

Au sein de ce réseau d'agences immobilières, aucun arrondissement n’a connu un tel bond de ses tarifs depuis le début de l’année, l’augmentation moyenne étant de seulement 2%. A près de 16 500 euros le mètre carré en moyenne, du jamais vu selon Barnes, le XVIIIe devient plus cher que le Ve (14 506 euros le mètre carré), le VIIIe (14 272 euros) et les trois premiers arrondissements de la capitale, dont les prix oscillent entre 13 800 et 16 000 euros le mètre carré.

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Des maisons entre 2 et 8 millions d’euros

Contrairement à ses collègues des très chics et très chers VIe et VIIe arrondissements, où le mètre carré vaut entre 18 700 et 20 000 euros, Marie Beauchet, directrice d’agences Barnes dans le XVIIIe, ne reçoit pas «des hordes d’acquéreurs étrangers» à la recherche d'un pied-à-terre dans la ville lumière, «les acheteurs dans le XVIIIe étant majoritairement français». Des acheteurs qui ont bien réussi dans la vie et «ont beaucoup de sous», concède-t-elle. Mais qui, de la même façon qu’ils ont remisé le costume trois-pièces pour la panoplie t-shirt, jean, baskets, «veulent s'affranchir des quartiers bourgeois», que sont les fameux VIe et VIIe mais également le XVIe, explique-t-elle.

«Les arrondissements qui attirent le plus cette clientèle familiale aisée, aujourd'hui, sont ceux qui offrent une vie de quartier, avec des petits restos, des commerces de bouche, une vraie ambiance et la possibilité de tout faire à pied», complète Richard Tzipine. Egalement à la recherche de maisons et de verdure, ces jeunes entrepreneurs et leurs familles jettent leur dévolu sur la Butte Montmartre, particulièrement sur la belle avenue Junot et la rue Lepic, haut perchée, qui offre une vue incroyable sur Paris. «De la rue, on a l’impression qu’il s'agit d'entrées de garage mais, derrière, il y a des maisons avec jardins», sourit Marie Beauchet. Elle en a vendu pas moins de six en sept mois, à des prix «colossaux» de 2,5 millions à 8,5 millions d'euros.

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Les familles moyennement aisées condamnées à l’immobilisme

Parmi ses dernières ventes figure une maison de 266 mètres carrés, sur trois niveaux, dotée de six chambres et d'un jardin, partie à près de 6,5 millions d’euros. Les acheteurs sont français, comme les vendeurs. «Je suis dans le dernier village gaulois de Paris», s’amuse Marie Beauchet. Un village auquel «des familles moyennement aisées sont elles aussi attachées mais où elles ne peuvent pas acheter plus grand aujourd'hui en raison de l’évolution des prix et de taux de crédit encore élevés», reconnaît-elle.