
Une faute qui coûte (très cher). Des propriétaires parisiens qui proposaient leurs appartements sur Airbnb ont été condamnés les 26 janvier et 4 février, rapporte Moneyvox. Le premier avait loué son bien en passant par sa SCI. Cette dernière doit désormais payer 81 500 euros après avoir été poursuivie par la Ville de Paris au motif que la location touristique n’était pas autorisée. Et pour cause, seuls les logements principaux peuvent jouir de ce droit. C’est d’ailleurs pour cette même raison que le couple propriétaire d’un deux-pièces à Montmartre a été condamné lui aussi, à 75 0000 euros d’amende cette fois. L'un des deux logements était également proposé sur Booking.
Deux affaires différentes qui témoignent d’une volonté claire de la municipalité : faire la chasse aux propriétaires qui veulent profiter du système de la location touristique, au détriment du logement sur le long terme. Les jugements ont ravi Barbara Gomes conseillère en charge de l'encadrement des loyers, des plateformes locatives et de la protection des locataires à la mairie de Paris. En effet, jamais des montants pareils n’avaient été annoncés par la justice. «Le message doit être très clair : maintenant, c'est terminé l'impunité. On ne pourra plus faire de Airbnb illégal», estime-t-elle.
La fin du logement comme «marchandise spéculative» ?
La Ville ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Barbara Gomes est très claire : «On ne peut plus se permettre d'avoir des gens qui ne voient le logement que comme une marchandise spéculative, comme une autre.» C’est pourquoi «il faut que les délinquants soient sévèrement sanctionnés, à la hauteur du préjudice que c'est pour les habitantes et les habitants», plaide la chargée des plateformes locatives pour la municipalité. En effet, il est toujours plus difficile pour la population de trouver des logements dans la capitale.
Avant Paris, Marseille est parvenue à faire condamner deux propriétaires qui exploitaient en toute illégalité plus de vingt logements afin de dégager des revenus locatifs de tourisme. Les deux parties ont été condamnées à, respectivement, 171 0000 et 40 000 euros.
Dans une réponse qui nous a été transmise, Airbnb tient à rappeler qu'il y «a une tolérance zéro pour les hébergements loués illégalement en courte durée». En outre, la plateforme insiste sur le fait que «ces cas sont rares». Et de conclure : «Près de 9 hébergements sur 10 loués sur Airbnb à Paris le sont occasionnellement, par des particuliers et pour compléter leurs revenus, dans un contexte économique difficile.»
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