«Ce genre de situation n’encourage en rien les bailleurs à louer». Gilles, retraité niçois, est la victime d’une situation quelque peu inédite. Il s’est retrouvé piégé par un locataire mauvais payeur qui a finalement squatté son deux-pièces de 47 m² à Cannes, dans les Alpes-Maritimes. Dans les faits, ce dernier devait lui assurer, avec son épouse, un complément de retraite, rapporte Nice-Matin. En 2021, l’appartement est alors loué à un homme de 45 ans, mais les loyers de 770 euros mensuels deviennent irréguliers.

«En 2022, il a perdu son emploi et a arrêté de payer. Puis il a recommencé, mais de manière aléatoire», confie Gilles. La situation s’éternise et à l’échéance, le locataire refuse de quitter les lieux. Il devient occupant sans droit ni titre. Gilles espère un règlement amiable, sans succès. Il saisit alors son avocat à la fin de l’année 2024. Il estime son préjudice à près de 10 000 euros de loyers impayés, en plus des charges et impôts qu’il doit continuer d’assumer. Le 12 mai dernier, le tribunal de Cannes prononce l’expulsion du locataire.

L’appartement a été sous-loué

L’occupant a alors deux mois pour quitter l’appartement. «Mais si rien n’est fait d’ici le 1er novembre, on risque de tomber dans la trêve hivernale et de repartir pour cinq mois supplémentaires», déplore le retraité. Gilles apprend aussi que l’appartement a été sous-loué et qu’une voisine a été menacée. D’autres personnes auraient investi le logement, c’est pourquoi Gilles dépose plainte pour violation de domicile le 5 août. «Mon épouse et moi avons économisé pour cet appartement. C’était censé constituer un complément de revenu pour notre retraite. C’est une réelle déception», explique-t-il, avant de dénoncer la lenteur des procédures : «Deux à trois ans pour récupérer son appartement, et dans quel état ? Ce n’est pas viable».

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