Un programme d’avion du futur déjà «has-been» ? Selon le patron d’Airbus Guillaume Faury, le programme européen d’avion de combat Scaf n’est plus valable tel qu’il a été conçu, a-t-il déclaré à l’ouverture de l'Airbus Defence Summit, à Manching, en Allemagne, mercredi 20 mai. Il devrait même être repensé en tenant compte des enseignements de la guerre en Ukraine, estime Guillaume Faury.

En effet, comme le rappelle le patron d’Airbus, «ce programme a été lancé avant la guerre en Ukraine», en 2017 par le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, «en temps de paix». Le programme avait été renforcé deux ans plus tard avec l’arrivée de l’Espagne. «Il vaut mieux affronter dès maintenant les difficultés et les réalités auxquelles le Scaf devra faire face au cours de la prochaine décennie, plutôt que de devoir corriger le tir plus tard, une fois le programme déjà très avancé», a-t-il expliqué lors de sa prise de parole.

L'entente impossible entre Airbus et Dassault ?

Pour rappel, le Scaf (Système de combat aérien du futur) compte remplacer à l'horizon 2040 les avions de combat Rafale et Eurofighter grâce à un ensemble connecté comprenant un avion de nouvelle génération, des drones mais aussi un système de combat numérique, rapporte BFM Business. Un programme d’ampleur donc, avec des querelles de clocher entre les industriels des différents pays participant à la mise en œuvre du Scaf, symbole de la coopération en matière de défense des trois pays européens.

«Travailler ensemble avec des méthodes de fonctionnement similaires» reste un autre «défi» du Scaf, a tenu à rappeler Guillaume Faury, une pique envoyée à Dassault qui refuse d'être «un leader minoritaire» et demande une évolution de la gouvernance.