
Le SCAF verra-t-il le jour ? Après plus d’un mois de médiation, Airbus et Dassault Aviation ne sont, semble-t-il, toujours pas parvenus à un accord. Le médiateur français aurait même conclu que la construction d’un avion de combat commun n’était plus possible. Il faut dire que depuis plusieurs semaines, les deux géants se renvoient la balle et se mettent la pression mutuellement. «On se donne encore un petit peu de temps, deux-trois semaines pour essayer de trouver un accord entre Français et Allemands, entre Dassault et Airbus, pour trouver un équilibre qui permettrait de continuer le projet», laissait toutefois entendre Eric Trappier, le patron du constructeur aéronautique français.
L’espoir avait d’ailleurs repris mi-mars lors de l’annonce d’une «mission de rapprochement» entre Paris et Berlin dans le but de trouver «des voies de convergence». Mais qu’en est-il réellement, alors que la date butoir du 28 avril, symbole de la fin des négociations, approche ? Interrogé sur le sujet du côté de Chypre, Emmanuel Macron a coupé court aux rumeurs d’enterrement du projet, relaie BFM. «Le projet est-il mort ?», a-t-il été interrogé ? Réponse du chef de l’Etat : «Non, pas du tout.» En marge de ce sommet européen, Emmanuel Macron a rencontré son homologue, le chancelier allemand Friedrich Merz.
Les semaines à venir décisives
Selon le chef de l’Etat, la discussion a même été fructueuse : «Nous avons eu une bonne discussion ce matin avec monsieur le chancelier et nous avons donné mandat à nos ministères de la Défense de travailler sur, justement, plusieurs axes, sur différents sujets, pas simplement l'avion de combat du futur, mais différents leviers de coopération entre nos deux pays», a-t-il révélé. Emmanuel Macron a poursuivi en confiant que les ministères respectifs de la Défense avaient «ce mandat pour les semaines à venir».
Les discussions seraient donc toujours ouvertes, et donc au-delà du 28 avril, date rallongée de dix jours pour les médiateurs. Lancé en 2017, ce projet d’avion de combat du futur traîne en longueur. A l’initiative d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel, il avait été rejoint par l’Espagne. Dans ce dossier, Dassault défend le savoir-faire de son Rafale tandis qu’Airbus plébiscite l’Eurofighter. Ce Système de combat aérien du futur prévoit également des drones reliés entre eux.
Un enjeu de «souveraineté» européenne
Depuis Chypre, Emmanuel Macron a martelé qu’il fallait «continuer d’avancer» et que «l'Europe n'a jamais autant eu besoin d'unité, de plus d'indépendance, de plus de souveraineté». Mais autour de ce projet évalué à 100 milliards, les dissensions sont toujours énormes entre les deux groupes. En mars, Eric Trappier assurait qu’«Airbus ne (voulait) plus travailler avec Dassault». De son côté, l’ex-patron d’Airbus, Tom Enders, a même qualifié l’alliance franco-allemande d’«erreur stratégique».




















