Le projet SCAF n’en finit pas de battre de l’aile. Alors que les médiateurs franco-allemands en charge de sauver le programme européen de l’avion de combat du futur piétinent pour tenter de trouver une porte de sortie positive aux désaccords entre Dassault et Airbus, ces derniers ont demandé «dix jours de plus» jusqu’au 28 avril prochain pour rendre leurs conclusions, a fait savoir la ministre des Armées, Catherine Vautrin, rapporte BFM Business.

Il faut dire que des désaccords importants demeurent entre d’un côté Dassault Aviation qui représente la France dans le projet et Airbus pour l’Allemagne et l’Espagne. Le 19 avril dernier, déjà, Emmanuel Macron avait fait savoir que des personnalités françaises et allemandes ont été chargées de tenter de trouver une issue à ces divergences pour réconcilier les parties prenantes au projet. Alors que le chancelier allemand, Friedrich Merz s’était dit déterminé au mois de mars à sauver le programme SCAF, ce dernier pourrait être amené à échanger à ce sujet avec le président français lors d’un sommet de l’Union européenne qui se tiendra à Chypre les 23 et 24 avril prochains.

Un projet à 100 milliards d’euros

Aujourd’hui toujours à l’étape de maquette, ce projet estimé à 100 milliards d’euros fait l’objet de querelles de la part d’Airbus et Dassault Aviation, le groupe français ne cessant de maintenir une certaine pression ces dernières années pour en obtenir le leadership. Le 1er avril dernier, le PDG du groupe, Eric Trappier, avait ainsi réitéré cette demande tout en expliquant être opposé à ce que ce projet industriel ambitieux «soit cogéré».

Lancé en 2017 par l'ex-chancelière allemande Angela Merkel et Emmanuel Macron avant que l’Espagne ne prenne part au projet, le programme SCAF est aujourd’hui un symbole de coopération en matière de défense et de sécurité entre l’Allemagne et la France. En outre, cet avion de combat du futur doit aussi permettre le remplacement du Rafale tout comme des Eurofighter utilisés par Berlin et Madrid.