
A quelques jours du coup d'envoi du tournoi 2026 de Roland-Garros, le président de Babolat, Eric Babolat, 5eme génération à la tête de l’entreprise familiale, a répondu aux questions de Capital. Comment le fabricant lyonnais de raquettes de tennis aborde-t-il ce rendez-vous? Quels enjeux économiques pour l'industrie du tennis et pour la marque française qui se diversifie dans le padel. Interview.
CAPITAL : Que représente le tournoi de Roland Garros pour Babolat ?
Eric Babolat: Roland-Garros est un moment où toute la planète tennis regarde Paris. Pour nous, c’est à la fois un accélérateur commercial, un temps fort de communication et un laboratoire grandeur nature au contact des joueurs. La marque entretient une relation très particulière avec la terre battue parisienne : c’est ici que Carlos Moya a offert à Babolat son premier titre du Grand Chelem (1998), quelques années après le lancement de nos premières raquettes en 1994. Puis Rafael Nadal a écrit une partie immense de la légende du tournoi avec Babolat, avec 14 titres à Paris, un record. Cette année, l’absence de Carlos Alcaraz, tenant du titre et joueur emblématique de notre team, est évidemment regrettable, mais elle rappelle aussi que le sport de haut niveau se construit dans la durée.
Sur quel marché Babolat réalise-t-il le plus gros de son activité?
Nous sommes très fiers de nos racines françaises (création en 1875 à Lyon, NDLR), mais notre histoire est aussi celle d’une ouverture internationale très forte. Aujourd’hui, environ 80 % de notre chiffre d’affaires (209 millions d’euros en 2025, NDLR) est réalisé à l’étranger, et nous nous appuyons sur un réseau de 20 000 clubs et 20 000 magasins partenaires dans 150 pays. Le plus gros marché du tennis au monde reste les Etats-Unis où la pratique a atteint un niveau record avec 27,3 millions de joueurs en 2025. Nous y sommes d’ailleurs la marque numéro 1 en raquettes et en cordes.
Le padel connaît un développement spectaculaire. Peut-il dépasser le tennis ?
Le padel est une formidable opportunité, parce qu’il est accessible, social et très rapide à adopter. Peut-il dépasser le tennis ? Dans certains pays ou régions, oui, c’est envisageable, c’est par exemple déjà le cas en Espagne. Au niveau mondial, le tennis garde une profondeur historique, économique et médiatique considérable. Je parlerais plutôt de complémentarité : le padel élargit l’univers des sports de raquette et recrute de nouveaux pratiquants.
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