Les tensions sur le partage des profits s’accentuent. Mécontente du partage des revenus lors des tournois du Grand Chelem (US Open, Open d'Australie, Roland-Garros, Wimbledon), la N°1 mondiale de tennis, Aryna Sabalenka, a menacé, ce mardi 5 mai, de boycotter ces derniers. «Nous faisons le show. Sans nous, il n’y aurait pas de tournois, sans nous, il n’y aurait pas de divertissement, je pense que nous méritons d’être mieux payés», a déclaré la Bélarusse en conférence de presse à l’occasion du tournoi WTA 1000 de Rome, selon Midi Libre. «À un moment donné, il faudra boycotter si c’est la seule solution pour défendre nos droits», a ajouté la Bélarusse.

Cette déclaration intervient au lendemain d’une déclaration commune d’un groupe des vingt meilleurs joueurs et joueuses du monde, comprenant Novak Djokovic, Jannik Sinner, Coco Gauff ou encore Aryna Sabalenka, dans laquelle ils expriment leur «profonde déception» concernant la hausse de la dotation prévue à Roland-Garros (24 mai-7 juin). Pour rappel, les organisateurs de Roland-Garros ont augmenté de 9,5% la dotation du tournoi pour l’édition 2026, par rapport à l’an passé, pour s’établir à 61 700 000 euros au total. Concrètement, une défaite au premier tour du tournoi rapportera 87 000 euros, et une victoire finale 2 800 000 euros.

Les joueurs réclament 22% des recettes obtenus par Roland Garros

Cette hausse représente environ 15% des recettes engrangées par le tournoi parisien. Insuffisant pour les joueurs qui exigent que la barre des 22% soit atteinte. «Roland-Garros a généré 395 000 000 euros de recettes en 2025, soit une augmentation de 14% par rapport à l'année précédente, mais la dotation n'a augmenté que de 5,4%, réduisant ainsi la part des joueurs dans les recettes à 14,3%. Plus grave encore, cette annonce ne résout en rien les problèmes structurels que les joueurs ont soulevés de manière constante et légitime au cours de l'année écoulée», est-il notamment écrit dans le communiqué.

Également présente au tournoi à Rome, la Polonaise Iga Swiatek a estimé que «le boycott des tournois serait quand même une solution un peu extrême». «Le plus important est de communiquer et de discuter avec les organisateurs, de négocier. Espérons qu’avant Roland-Garros il y aura la possibilité d’avoir une réunion de ce type», a affirmé la numéro trois mondiale.

«Je pense que nous, les joueuses, nous pouvons nous unir»

Cette nouvelle prise de parole illustre à nouveau le bras de fer entre les meilleurs joueurs du monde et les tournois du Grand Chelem qui dure depuis un an. Dans leur combat, les sportifs exigent la création d'un fonds de prévoyance pour financer les retraites, les soins de santé et les congés maternité, ainsi que leur implication dans les décisions qui les concernent. «S’il faut en arriver au boycott, je pense que nous, les joueuses, nous pouvons nous unir, car certaines choses en Grand Chelem sont vraiment injustes pour nous», a conclu Aryna Sabalenka.