À la différence du plan d’épargne en actions (PEA), dont la loi limite strictement le nombre à un par personne, l’assurance vie peut être souscrite sans aucune restriction. Il est donc possible d’ouvrir autant de contrats que souhaité, chez un même assureur ou auprès de plusieurs compagnies. Une liberté largement utilisée par les Français : on compte aujourd’hui près de 56 millions de contrats pour 19 millions de détenteurs, note le site spécialisé Le Revenu. Certains épargnants préfèrent ainsi répartir leur argent afin de ne pas dépendre d’un seul établissement ou d’une seule stratégie d’investissement.

Cette multiplication des contrats permet d’abord de rechercher de meilleures performances. Tous les fonds en euros ne se valent pas : en 2024, leur rendement moyen atteignait 2,6% nets de frais de gestion, mais certains contrats dépassaient les 3%, quand d’autres restaient sous les 2%. Détenir plusieurs assurances vie offre aussi accès à davantage d’unités de compte, comme des ETF, des SCPI ou des fonds immobiliers, selon les spécialités de chaque contrat. «J’ai tout misé sur un seul contrat pourtant réputé à l’époque. Aujourd’hui, je le regrette. Le rendement du fonds en euros est décevant», confiait ainsi un épargnant cité par Le Revenu.

Une stratégie utile pour la transmission

Cumuler plusieurs contrats peut également faciliter la gestion de sa succession. Certains épargnants choisissent par exemple de dédier un contrat à leur conjoint, un autre à leurs enfants et un troisième à leurs petits-enfants. Cette organisation simplifie la rédaction des clauses bénéficiaires et peut éviter certains blocages au moment du décès. Autre avantage : les bénéficiaires d’un contrat distinct ne connaissent pas forcément les montants transmis aux autres héritiers.

Multiplier les assurances vie peut aussi présenter un intérêt fiscal. Lors d’un retrait, seuls les gains contenus dans la somme retirée sont imposés. Avec plusieurs contrats, l’épargnant peut donc choisir de piocher dans celui qui a le moins progressé afin de limiter l’impôt. Ouvrir un nouveau contrat après 70 ans peut également clarifier la distinction entre les versements effectués avant et après cet âge, soumis à des règles successorales différentes. Enfin, répartir son épargne entre plusieurs assureurs permet de renforcer sa protection : le Fonds de garantie des assurances couvre jusqu’à 70 000 euros par compagnie et par personne en cas de défaillance. Une précaution jugée rassurante par certains épargnants, même si les faillites d’assureurs restent très rares en France.

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