L’histoire d’Anne a fait le tour du monde. Depuis la diffusion de son témoignage dans l’émission Sept à Huit, diffusée sur TF1, dimanche 12 janvier, dans lequel elle confie avoir été victime d’un escroc, appelé «brouteur», s’étant fait passer pour l’acteur Brad Pitt, cette Française de 53 ans est victime d’un violent cyberharcèlement. Aujourd’hui, dépouillée, elle a déposé plainte et a déjà tenté de se suicider à trois reprises. Dans cette affaire d’arnaque aux sentiments, la victime a perdu 830 000 euros.

Ce type d'arnaques aux sentiments s'est multiplié. En discutant avec des fans via des messageries, les escrocs réclament de l'argent à ces admirateurs trompés. Les escrocs misent sur les réseaux sociaux favoris des plus de 50 ans, comme Facebook, les jeux mobiles ou encore les clubs de fans. Le terme «brouteur» est généralement associé à des arnaqueurs opérant depuis l’Afrique de l’Ouest francophone, notamment la Côte-d’Ivoire, rapporte La Dépêche.

Des personnes isolées socialement

Le mode opératoire consiste à entrer en contact avec une victime et à gagner sa confiance. «La victime tombe amoureuse à distance et là, ils vont demander de l’argent, prétextant notamment vouloir rejoindre la personne ciblée et en avoir besoin pour payer le billet d’avion ou de train», a expliqué Jérôme Notin, directeur général de la plateforme Cybermalveillance. Le profil des victimes correspond à des personnes isolées socialement et plus fragiles psychiquement.

Les brouteurs «vont publier des images avec une charge émotionnelle importante, souvent générées par IA». Les escrocs vont ensuite repérer leur cible parmi les personnes qui interragissent avec des photos. «Les arnaqueurs peuvent discuter pendant des mois avec la personne ciblée avant de formuler leur première demande d’argent», a expliqué Jérôme Notin.