
L’affaire avait fait grand bruit il y a tout juste un an. Dans un reportage qui lui était consacré dans Sept à Huit sur TF1, une Française de 53 ans avouait avoir été victime d’une escroquerie sur internet et par message. Bernée par un faux Brad Pitt à cause d’un deepfake, elle avait avoué avoir perdu 830 000 euros en deux ans. Dépouillée, elle avait même tenté de mettre fin à ses jours à trois reprises. Aujourd’hui, l’affaire rebondit, explique La Dépêche. Anne D., victime de cyberharcèlement depuis que l’affaire a éclaté au grand jour, a en effet décidé de s’attaquer à ses banques.
Selon l’information qui a été révélée par Challenges, la Française accuse ses banques de manquement à leur obligation de vigilance et notamment d’avoir validé des paiements aux montants parfois grotesques. Nos confrères citent notamment des libellés d’opération étranges comme «Opération Mr William Bradley Pitt», «solde opération transplantation rein gauche Mr William Bradley Pitt Clinic Mayo États-Unis» ou encore «transplantation rein William Bradley Pitt Clinic Mayo Dr Hatem».
Des virements de 59 000 euro
Ces opérations sont d’autant plus équivoques que les sommes engagées sont importantes : 35 000 euros ou encore 59 000 euros à deux reprises. Toutes ces transactions ont pourtant été validées par ses banques. Au total, 18 virements ont été effectués sans que cela n’alerte les établissements bancaires. Interrogé par Challenges, l’avocat de la victime déplore ce manque de vigilance. «Il y a au minimum 400 à 500 000 euros sur les sommes totales de transactions qui n’auraient jamais dû passer le contrôle minimal des banques. Le libellé de ces virements, c’est souvent du grand n’importe quoi.»
Sur les 830 000 euros qui se sont évaporés, Anne D. espère récupérer environ 800 000 euros. «Il y a des failles et cela ne doit plus se reproduire», estime-t-elle. Toutefois, peut-elle avoir gain de cause ? Là est toute la question. Si des jurisprudences ont déjà eu lieu, les escrocs n’ont jamais forcé la main de la victime puisqu’elle a versé l’argent volontairement. En janvier 2025, l’avocate au bureau de Paris, Alice Cointet, expliquait à 20 Minutes que «la procédure normale est de plaider l’abus de confiance».
Des virements volontaires
Toutefois, pour avoir gain de cause, il faut absolument retrouver l’auteur de l’escroquerie, «sinon l’affaire est classée sans suite», ajouta-t-elle. Si tel est le cas, l’avocate précisait : la victime peut demander la «réparation de son préjudice sur le civil au tribunal judiciaire, sur le fondement du devoir de vigilance du banquier». Des banques ont déjà été condamnées pour ce manque de vigilance, mais elles peuvent aussi se défendre, soit après avoir alerté leur client, soit parce que sa situation personnelle pouvait justifier de tels virements. Ce qui était le cas de la Française, car elle était mariée à un millionnaire.




















