
Une année 2025 en forme de come-back pour l’assurance vie. Ces dernières années, le placement préféré des Français en termes de volume d’épargne (2 084 milliards d’euros à fin septembre 2025) avait souffert de la concurrence des livrets d’épargne – Livret A, LEP… – dont les taux étaient dopés par l’inflation. Pour rappel, avant son recul au 1er février 2025, le Livret A était rémunéré à un taux de 3% net d’impôts depuis déjà un an et demi. Difficile de rivaliser quand, en 2024, les fonds euros de l’assurance vie – c’est-à-dire la partie qui, comme le Livret A, est sans risque – affichaient un rendement moyen de + 2,6% net de frais, soit à peine 2,15% net de prélèvements sociaux.
Mais le marché de l’épargne s’est retourné avec le repli de l’inflation en 2025. Sur l’ensemble de l’année, la hausse des prix devrait s’établir à 1% en moyenne, ce qui a entraîné une baisse du taux du Livret A, à 2,4% d’abord, puis à 1,7% le 1er août dernier. La balance penche donc de nouveau en faveur de l’assurance vie. «Il y a deux ans, la hausse des taux de rémunération avait fortement profité à l’épargne bancaire. Depuis le début de l’année, ces taux indexés sur l’inflation s’étiolent, engendrant le retour de la collecte sur le fonds euros de l’assurance vie, qui redevient attractif», confirme Eric Rosenthal, directeur général délégué du groupe AG2R La Mondiale.
L'assurance vie a toutes les chances de continuer à creuser l'écart avec le Livret A
Deux chiffres suffisent à illustrer ce passage d’une tirelire à l’autre : sur l’année 2025, la collecte nette de l’assurance vie pourrait s’établir autour de 50 milliards d’euros, selon le Cercle de l’épargne, quand celle du Livret A dépasserait à peine le milliard. Et si le match est bien plié pour cette année, l’assurance vie a toutes les chances de continuer à creuser l’écart en 2026.
D'abord, parce que les supports à capital garanti de l’assurance vie devraient vous rapporter davantage que les années précédentes. Selon les premières estimations, les fonds en euros pourraient en moyenne distribuer un taux de 2,65% au titre de l’année 2025, «voire de 2,7% dans le scénario le plus positif», estime Cyrille Chartier-Kastler, directeur du cabinet Facts & Figures. Soit 0,5 ou 0,10% de plus qu’en 2024.
Ensuite, parce que le rendement net d’inflation sera bien meilleur que ceux des années précédentes. En effet, pour savoir ce que vous rapporte réellement un placement, il faut au préalable déduire ce que vous coûte la hausse des prix. En 2024, avec une inflation annuelle de 2,3% et un rendement moyen de + 2,6%, les fonds euros n’ont véritablement fait gagner que 0,3% aux épargnants. Or l'inflation mensuelle avoisine les 1% ces derniers mois. «Le repli de l'inflation devrait effectivement accentuer l'écart de performance entre les fonds euros et l'inflation, souligne Alexis Trigaut, directeur commercial chez Corum L’Epargne. Néanmoins cet écart sera amené à se réduire progressivement. C'est pour cela qu'il est important de ne pas simplement focaliser son investissement sur le fonds euro mais également choisir des supports d'épargne long terme offrant une performance plus élevée et plus stable dans le temps».
Une situation politique et budgétaire paradoxalement favorable
Les performances de ce produit d'épargne sont dévoilées par les assureurs une fois par an – entre janvier et mars – mais ce sont toujours celles de l’année écoulée qui sont annoncées. Impossible, par conséquent, d’augurer d’ores et déjà des performances 2026 des fonds en euros (qui seront divulguées début 2027). On sait, en revanche, «que leur rendement est sujet à une forme d’inertie», rappelle Ronan Guesnerie, porte-parole du courtier en ligne Linxea. Autrement dit, il va peu varier d’une année à l’autre.
Ce qui suscite également un certain optimisme, c’est paradoxalement la mauvaise santé de nos finances publiques. En effet, les fonds à capital garanti des assureurs sont composés pour près des trois quarts d’obligations très peu risquées, dont une partie de dette émise par l’Etat français (19,4% des portefeuilles, selon le cabinet Facts & Figures). Or, quand la confiance des prêteurs dans la capacité de la France à rembourser ses dettes baisse, ils demandent en contrepartie un rendement supérieur, et le taux des nouvelles obligations souscrites, notamment par les assureurs, grimpe. Ce qui se répercute positivement sur le rendement servi aux épargnants.
Plus de bonus à l'horizon 2026 ?
Toutefois, il n’est pas dit que tous les contrats du marché profitent de cette hausse dans des proportions identiques. La performance moyenne affichée peut recouvrir des écarts conséquents. En 2024, les meilleurs produits ont distribué des taux avoisinant les 4% net de frais, quand les moins bons n’ont pas dépassé 1%. Aussi, même si de nombreux feux sont au vert pour l’assurance vie en 2026, il faudra se montrer sélectif.
D’autant plus que, contrairement aux années précédentes, les coups de pouce des assureurs, qui offraient une majoration (bonus ou «boost») du rendement du fonds garanti en euros, sont de plus en plus rares – les compagnies s’engageaient par exemple à vous distribuer 1% de rendement en plus sur le fonds euros, à condition d’effectuer votre versement avant une certaine date, et souvent avec l’obligation de placer une partie de votre argent en unités de compte. Et rien n’indique que celles qui avaient cours jusqu’à fin 2025 seront reconduites en 2026. Logique, puisque l’objectif de collecter massivement ces deux dernières années a bien été rempli, et que la concurrence du Livret A n’est plus un danger.
Comment dénicher le bon contrat ?
Dans ces conditions, comment trouver le bon contrat ? Ces dernières années, les mutuelles ont tiré leur épingle du jeu, avec des fonds euros en moyenne plus diversifiés que ceux de leurs concurrents, c’est-à-dire moins investis en obligations et davantage en actifs plus risqués : actions, immobilier, non-coté… Cela a payé avec des rémunérations souvent meilleures.
Les contrats adossés à un fonds euros créé récemment se démarquent aussi, car ils ont profité des taux obligataires élevés des dernières années. «Les gérants ont pu faire un “stock” conséquent d’obligations bien rémunérées, de quoi bénéficier d’une visibilité sur les rendements des années à venir», explique Alexis Trigaut. Alors que les fonds plus anciens ont engrangé des obligations d’Etat à moins de 1% pendant près de dix ans…
Enfin, n’oubliez pas qu’en complément du fonds en euros l’assurance vie multisupport vous offre aussi la possibilité de placer tout ou partie de votre épargne sur des unités de compte (UC). Des supports investis dans des actifs plus risqués, mais avec un rendement potentiel supérieur à celui du fonds à capital garanti. Les UC actions ont ainsi affiché la meilleure performance en 2024 (+ 8,5% en moyenne selon France Assureurs, et + 4,26% sur les cinq dernières années). Certains fonds immobiliers se distinguent également, avec une performance moyenne de + 8,27% en 2024 pour les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) diversifiées et investies en Europe, selon Facts & Figures. Aussi, n’hésitez pas à diversifier votre épargne pour obtenir des rendements supérieurs au fonds garanti en euros.
Assurance vie multisupport
Rendement : 2,6%
(fonds euros en 2024)
Risque : nul à élevé
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