Vous venez de lancer votre micro-entreprise et vous appréhendez votre première déclaration de revenus ? Sachez que le régime de la micro-entreprise a été, à l'origine, créé pour simplifier la vie des indépendants. Le statut, défini à l'article 50-0 du CGI, regroupe à la fois les activités commerciales et artisanales (BIC) et les activités libérales (BNC). Il y a simplement quelques détails à connaître. Et pour Marc Fabrega, Expert-comptable & Commissaire aux comptes au Cabinet 47, la plus grande erreur des auto-entrepreneurs n'est pas dans le formulaire 2042 C-PRO… mais en amont.

« Il s'agit du manque de liquidités pour permettre le paiement de l'impôt sur le revenu, notamment lors de la première année d'exercice, en l'absence d'acompte ou de prélèvements libératoires », explique-t-il. Une trésorerie mal anticipée peut vite enclencher un cercle vicieux : « l'entrepreneur consomme toutes ses recettes, puis se retrouve à devoir payer sur ses futures rentrées les cotisations de la période passée, tout en provisionnant pour la période en cours. Un cercle vicieux de retards et de pénalités qui mène très souvent au burn-out », déplore-t-il.

Ce que vous devez déclarer et où le trouver

L'auto-entrepreneur n'a pas à déposer de liasse fiscale ni à tenir une comptabilité complexe. Mais il doit bien déclarer ses revenus, comme l'explique Marc Fabrega : « Les revenus de la micro-entreprise sont à déclarer en BIC ou BNC. L'abattement forfaitaire est calculé automatiquement. Il convient donc de remplir le revenu brut dans la case afférente du formulaire 2042 C PRO ». Attention : vous renseignez bien votre chiffre d'affaires brut annuel (pas votre bénéfice, pas vos dépenses).

Pour avoir ce chiffre, téléchargez votre attestation fiscale 2025 dans la rubrique Documents de votre espace personnel sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Elle récapitule les montants à reporter, car la 2042 C-PRO n'est pas pré-remplie. « Selon l’adhésion ou non au versement libératoire de l’impôt, différentes parties de la 2042 C PRO seront à remplir, il faut donc rester vigilant sur les intitulés », ajoute l'expert.

L'abattement automatique est de 71 % pour les ventes de marchandises (BIC achat-revente), 50 % pour les prestations de services BIC, et 34 % pour les activités libérales (BNC). Ce qui reste est intégré au revenu imposable de votre foyer fiscal, avec les autres revenus. Et si vous cumulez avec un salariat, les deux lignes coexistent dans la même déclaration : « Les revenus de l’activité salariée sont toujours à déclarer en traitement et salaires avec l’abattement de 10 % de frais pro », précise l'expert.

Versement libératoire ou imposition classique ?

Un autre questionnement très courant chez les auto-entrepreneurs est celui du versement libératoire. L'auto-entrepreneur a le choix entre deux régimes fiscaux. Par défaut, il relève du barème progressif de l'impôt sur le revenu, après application d'un abattement forfaitaire, comme nous l'expliquait Marc Fabrega. Mais il peut aussi opter pour le versement forfaitaire libératoire (VFL), qui permet de payer son impôt en même temps que ses cotisations sociales, sous forme d'un pourcentage du chiffre d'affaires : 1 % en BIC vente, 1,7 % en BIC service, 2,2 % en BNC libéral.

Pour bénéficier du VFL en 2026, votre revenu fiscal de référence (RFR) de 2024 doit rester sous 29 315 euros par part de quotient familial. Mais attention : opter pour le VFL n'est pas toujours la bonne idée. Pour Marc Fabrega, « opter pour le VFL est une erreur lorsque le foyer n'est pas imposable ou a des revenus faibles, car le trop versé n'est pas remboursé. »

Notre expert-comptable du Cabinet 47 liste aussi plusieurs pièges concrets : le VFL ne dispense pas de déclarer ses revenus chaque année, il n'empêche pas une régularisation à la hausse lors de la déclaration, et certaines exonérations fiscales entrent en conflit avec lui. « Il faut également vérifier manuellement qu'on reste éligible pour éviter de minorer son IR et d'être redressé, parfois sur plusieurs années. Tout changement doit être notifié avant le 30 septembre de l'année N. »

Les aides pour sa première déclaration

Si vous remplissez votre 2042 C PRO pour la première fois, Marc Fabrega a deux recommandations concrètes : profiter du service Allo Impôt, mis en place par l'ordre des experts-comptables les 20, 21, 27 et 28 mai ainsi que les 3 et 4 juin 2026. Un expert-comptable répond gratuitement à vos questions de déclaration, par téléphone au 0 800 065 432, ou sur le site allo-impot.fr.

La seconde concerne un dispositif « trop peu connu » : les Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV), qui ont remplacé les anciennes zones ZFU. « Lors de sa première année d’installation, l’auto-entrepreneur exerçant une activité commerciale, artisanale ou de santé située au sein d’un QPV peut prétendre à une exonération de tout ou partie de son bénéfice lié à son régime micro-fiscal. »