Déjà un an. Le 6 juin 2024, la Banque centrale européenne (BCE) avait acté une première baisse de ses taux directeurs, une décision qu'elle n'avait plus prise depuis juillet 2022, afin de combattre l'inflation. Ce jeudi 5 juin, l'institution de Francfort a donc annoncé une huitième baisse en douze mois, avec un repli de 0,25 point pour son principal taux directeur, passé de 4,25% à 2% en l'espace d'un an. A la clef, une bonne affaire pour les candidats à un achat immobilier, qui devrait voir le coût de leur crédit baisser. A l'inverse, c'est une mauvaise nouvelle pour les épargnants, qui vont subir une baisse de rendement sur plusieurs de leurs produits d'épargne.

Les livrets d'épargne : une baisse déjà actée

Si vous faites partie des 57 millions de Français titulaires d'un Livret A, la baisse de son taux est, hélas, déjà actée depuis quelques mois. Compte tenu du repli de l'inflation depuis janvier - et du niveau des taux interbancaires, en recul également - la rémunération du Livret A devrait passer de 2,4% à 1,7% le 1er août prochain, de même que celle du Livret de développement durable et solidaire (LDDS). Le Livret d'épargne populaire (LEP) pourrait lui chuter de 3,5% à 2,2%, sauf intervention de la Banque de France et du gouvernement.

Même sort pour les autres solutions d'épargne sans risque à court terme, comme les livrets bancaires non réglementés, les «super livrets» distribués en ligne, ou les comptes à terme (CAT). La rémunération de ces produits, qui est fixée librement par les banques, «suit de façon mécanique les ajustement de la BCE concernant ses taux directeurs. Quand ils baissent, la rémunération proposée diminue aussi», résume Marc Tempelman, co-fondateur de Cashbee. Ainsi, les taux des super livrets devraient désormais avoisiner les 2% brut de fiscalité, même si certains, grâce à leurs offres boostées, pourraient faire jeu égal avec le Livret A d'ici à la fin d'année.

Assurance vie en fonds euros : pas d'impact immédiat

Si vous avez troqué votre Livret A pour le fonds euros de votre assurance vie, pas de sueurs froides à avoir. La baisse des taux de la BCE a peu d’impact sur les obligations à long terme d'Etats et de grandes entreprises dans lesquelles investissent les assureurs, et qui composent la majorité des fonds euros. Les obligations de l'Etat français à 10 ans s'affichent par exemple encore à 3,2%, bien au-delà des 2% des taux directeurs de la BCE. En outre, il faut rappeler que le stock d'obligations d'un assureur se renouvelle lentement, ce qui confère une certaine stabilité à la performance distribuée par les fonds euros.

«Pendant la remontée des taux (entre 2022 et 2024, NLDR), les assureurs ont pu replacer chaque euro collecté dans des conditions très favorables, avec des coupons (rendement des obligations, NDRL) bien plus élevés qu’avant. Cela leur permet aujourd’hui de proposer encore de bons rendements. Tant que les taux ne restent pas durablement très bas, les fonds en euros ont encore quelques belles années devant eux», détaille Stéphane de Vaulx, directeur du développement chez Financière Meeschaert. Ceci sans oublier que certains assureurs proposent encore des offres de taux «boostés» permettant de faire grimper le rendement de son contrat sous certaines conditions.

SCPI : une potentielle bonne nouvelle pour les détenteurs de parts

La baisse des taux de la BCE devrait être une bonne nouvelle pour les détenteurs de parts de SCPI. En effet, la baisse du coût des crédits stimule la demande de biens immobiliers, ce qui fait monter leur prix : «La baisse des taux est mécaniquement favorable à la valorisation des actifs immobiliers. Mais il faut rester vigilant selon le type de bien», avertit Stéphane de Vaulx. Si une partie des épargnants pourraient donc bien voir la valeur de leur investissement grimper, ce ne sera sans doute pas le cas pour ceux qui n'avaient pas misé sur la bonne SCPI. Des catégories d'actifs immobiliers risquent en effet de continuer à souffrir, comme «certains bureaux situés en périphérie ou trop anciens et qui nécessitent de lourds travaux pour rester attractifs», appuie Stéphane de Vaulx. Pour les investisseurs qui souhaiteraient sauter le pas : «il faut donc rester très sélectif dans son choix de SCPI» confirme Marc Tempelmann.

Bourse : un coup de pouce pour les entreprises européennes

A la différence des placements sans risque, la Bourse a plutôt tendance à profiter des baisses de taux de la BCE. Ce qui est vrai pour les particuliers emprunteurs l'est aussi pour les entreprises : avec la baisse du coût des crédits bancaires, elles peuvent en effet financer plus facilement leur activité et leur croissance future, ce qui est favorable à leur valorisation en Bourse. «La baisse des taux va continuer de soutenir les entreprises de la zone euro, qui restent encore sous-valorisées par rapport à leurs homologues américaines», confirme Stéphane de Vaulx. Autrement dit, les indices boursiers européens ont encore devant eux un potentiel de hausse, ce qui laisse espérer de possibles plus-values.

La bonne pioche des fonds obligataires à échéance

Dans un contexte de baisse de rendement des produits sans risque, les fonds obligataires datés ou à échéance peuvent être une bonne option pour bloquer un taux connu à l'avance pour plusieurs années. «Des produits arrivant à échéance en 2029 ou 2030 proposent des taux compris entre 4% et 5%», rappelle Marc Tempelman.

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