Niché au carrefour du boulevard du Général Leclerc et de l'avenue Jean-Jaurès, un centre médical d’un nouveau genre a pris ses quartiers en 2022 à Argenteuil, une des villes les plus désertées par les médecins en région parisienne. Masqué par les feuillages des arbres, un écriteau blanc sur fond bleu nuit est plaqué au mur d’un immeuble qui ne paie pas de mine. Ne vous fiez pas aux apparences : l’établissement est occupé par Ramsay Santé, le leader de l’hospitalisation privée en Europe. Et plus surprenant encore, les patients n’y ont quasiment rien à payer.

Mais que viendrait faire un groupe privé à but lucratif dans une ville urbaine où le taux de pauvreté explose (27% en 2023 selon l’Insee contre 14,5% à l’échelle nationale) ? «S’acheter une bonne image», tance Laura Allès, doctorante au centre d’économie de l’université Paris 13 qui s’intéresse à la marchandisation du soin en France. Pour Ramsay, il s’agit surtout d’importer «un modèle innovant d’offre de soins». Fort de son expérience en Suède où il soigne 10% de la population, le groupe privé s’est rapproché du ministère de la Santé et de la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam) dès 2018 pour transposer dans l’Hexagone une nouvelle forme de financement des soins primaires (ou soins du quotidien, NDLR).

Un modèle pour notre système de santé selon Emmanuel Macron

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