Le parfum est-il devenu un objet de luxe ? Tout porte à croire que oui dans un marché où certains flacons atteignent parfois les 600 euros. Selon une étude de Circana citée par BFM, en 2023, les parfums haut de gamme ont progressé de 12% avec une hausse très marquée sur les parfums de niche, les eaux de parfum très concentrées, les extraits ou encore les marques confidentielles. Toutefois, les parfums dits commerciaux, qui sont rattachés à des marques bien connues des consommateurs, n’échappent pas à la règle.

C’est le cas par exemple chez Dior où le parfum féminin Miss Dior a augmenté de 29% en seulement six ans, ou encore du N°5 de Chanel qui a bondi de 32%. De son côté, La Vie est Belle de Lancôme a vu son prix progresser de 20%. Pourtant, avec un marché qui devrait dépasser les 121,2 milliards de dollars d’ici 2030 (+46% par rapport à 2024), les consommateurs ne les boudent pas. Et ce qui était devenu un objet du quotidien inhérent à la beauté et à un certain savoir-vivre est désormais un marqueur de luxe. D’ailleurs, comme l’expliquent nos confrères, les marques de mode ont sauté dessus.

Des prix de matières premières en hausse

Plus rentable (et plus accessible) qu’un sac ou un manteau, le parfum est devenu un prolongement de ces marques, à tel point que des marques comme Bottega Veneta, Jill Sander, Balmain ou Loewe se sont lancées sur ce segment. Mais comment expliquer de tels tarifs en hausse ? Il y a bien l’augmentation généralisée des matières premières : «Les prix des parfums explosent, et cela se ressent à tous les niveaux de la chaîne. C'est effarant», confirme auprès de BFM la fondatrice de PassionNez (un groupe de formation et de conseil en développement de parfums basé à Grasse), Claire Lonvaud.

Mais ce n’est pas tout. Il faut y ajouter des événements climatiques nombreux qui provoquent la rareté de fleurs, par exemple dans des régions comme Grasse où le parfum est roi. Mais plus globalement, ce sont toutes les parties du globe qui sont touchées par le réchauffement climatique, or elles produisent de nombreuses composantes. L’approvisionnement ou les droits de douane sont autant d’éléments supplémentaires à prendre en compte.

Des budgets publicitaires importants

Enfin, il y a des réglementations qui ont imposé aux marques de revoir de fond en comble leur formulation, comme des molécules interdites, des allergènes, etc. «Cela implique (…) de nouveaux tests, parfois l’abandon d’ingrédients historiques ! Chaque reformulation représente des mois de travail et des coûts importants», décrypte Claire Lonvaud auprès de BFM. Ajoutons à cela le fait que les petites marques aient des coûts de développement plus importants, et les tarifs sont portés à la hausse.

Derniers éléments à prendre en compte : les marges dans la distribution, la TVA et les parts de la marque servant à la communication. Cela comprend aussi bien les campagnes publicitaires que les égéries parfois mondialement connues ou des budgets pour les réseaux sociaux. De là à décourager les consommateurs ? Il semblerait que non. Selon Circana, 80% des interrogés seraient prêts à payer plus cher pour un parfum qu’ils aiment vraiment. Dans un monde où chacun cherche à se différencier, certaines marques l’ont bien compris.