
Un rendez-vous annuel. Comme chaque début d'année, les industriels de l’agroalimentaire et la grande distribution se réunissent pour négocier les prix d’achat de dizaines de milliers de produits alimentaires. Café, chocolat, viande, pâtes… Ces discussions décident de ce que les consommateurs paieront pendant les douze prochains mois. Selon l’Observatoire de la négociation commerciale (ONC), les industriels ont obtenu 1,5% de hausse moyenne des prix en 2025, alors qu'ils demandaient aux distributeurs une augmentation de 5,7% en moyenne.
Cet écart montre à quel point ces négociations sont tendues et difficiles car chaque acteur souhaite en sortir gagnant. Cette année, une «charte pour apaiser le débat» a été signée par les différents acteurs. Le ministre du Commerce Serge Papin a récemment défendu l’idée de contrats pluriannuels pour «sortir d’un rapport de force parfois destructeur» entre les acteurs. Lancées le 1er décembre, les négociations doivent s’achever le 1er mars.
Le café et la viande sous tension
Tous les produits ne sont pas concernés de la même manière par les négociations en cours. Selon l’UFC-Que Choisir, le café est particulièrement exposé à des hausses. L’association indique que son prix a globalement grimpé de plus de 18% en un an et plus de 26% sur les cafés moulus ou en grain, alors que l’inflation était quasiment nulle sur la même période.
Ces augmentations, qui pourraient s’accentuer après les négociations commerciales, s’expliquent par des récoltes fragilisées au Brésil et au Vietnam, en raison d’une série d’événements climatiques, comme des inondations et des sécheresses. À eux deux, ces pays représentent plus de la moitié de la production mondiale.
C’est également le cas de la viande qui devrait connaître de nouvelles hausses de tarif en 2026. L’UFC-Que Choisir a déjà enregistré une augmentation de 10%, rien qu'entre novembre 2024 et novembre 2025 en grandes surfaces. «Cette inflation est directement liée à une pénurie de l’offre de bovins, qui a engendré une forte hausse des tarifs à la production», explique l’association de défense des consommateurs.
Ces produits qui pourraient sortir des rayons
Ces négociations ne se jouent pas uniquement autour des chiffres. Quand les demandes de hausse des prix sont jugées excessives, certains distributeurs brandissent la menace du déréférencement. Cette arme de négociation consiste à ne plus commander les produits de la marque concernée.
L’enseigne peut aussi décider de rationaliser ses achats, comme l’explique Thierry Cotillard, patron des Mousquetaires/Intermarché, dans les colonnes de Ouest-France en janvier dernier. «Si une marque nationale a 100 produits, si elle n'est pas raisonnable, peut-être que 60 produits suffiront», prévient-il. La disparition des produits des rayons peut toutefois n’être visible que plusieurs mois après la fin des négociations, le temps d’écouler les stocks déjà en magasin.
Enfin, petite consolation : certaines baisses de prix peuvent aussi se produire, comme pour le riz asiatique ou le sucre, dont les cours internationaux ont récemment reculé.



















