«Sarah, ne baisse pas les bras» se disait-elle durant les périodes compliquées. Placée dès son retour en France à l’aide sociale à l’enfance en 2008, Sarah Al Delimi vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Une dette de plus d’un million d’euros, causée par un héritage accepté de son papa, décédé lorsqu’elle avait 10 ans. Aujourd’hui, à 30 ans, elle veut passer à autre chose mais aussi «découvrir pourquoi nous en arrivons à cette situation».

Trois mois après avoir quitté l’aide sociale à l’enfance lorsqu’elle a eu 21 ans, Sarah est allée chez le notaire pour signer un papier qui, selon elle, signifiait qu’elle et son frère «étaient les deux seuls enfants de mon papa». «C’est ce que j’avais compris pendant ce rendez-vous», a-t-elle expliquée. La réalité serait différente. En effet, son frère a renoncé à l’héritage. Ainsi, toute sa dette a été transférée sur la part de Sarah. Cela est alors passé de 512 000 euros à 1 024 000 euros.

La magie des réseaux sociaux

À sa sortie de l’aide sociale à l’enfance, l’organisme lui donne 1500 euros, une somme qui lui permet de dormir à l’hôtel pendant un mois le temps de trouver un foyer de jeune travailleur. Puis, un an et demi après, elle a pu obtenir un logement social, dans lequel elle vit encore aujourd’hui. Jusqu'en 2021, il y a eu des majorations de cette dette, qui lui permettent difficilement de se projeter : «Les mises en demeure me stoppent dans la vie de tous les jours. Si je me marie demain, si j’ai des enfants, ce sont des dettes qu’ils peuvent avoir par la suite…»

Au cours de son témoignage auprès de RMC, elle raconte ce qui a récemment tout changé pour elle. C’est une vidéo postée sur TikTok et des commentaires de soutien qui lui ont fait chaud au cœur : «Voir l’amour de ces gens qui ne me connaissent même pas [...] Je suis très reconnaissante de tous ceux qui ont partagé la vidéo.» Résultat : «Beaucoup d’avocats m’ont contacté [...] un m’a dit qu’il était d’accord pour m’aider» s’est-elle réjouie. La renonciation de sa succession est censée avoir été acceptée mais, à l’heure actuelle, Sarah patiente encore.