
Fini la baisse ! Alors que les taux de rendement des fonds en euros sans risque ne cessaient de s’effriter depuis quinze ans (les taux servis ont été divisés par trois durant cette période), l’année 2022 a commencé à marquer un tournant : les taux des obligations à long terme se sont vigoureusement redressés, dopant la performance des placements axés sur ces titres, à commencer par l’assurance vie en euros.
Son rendement moyen s’est établi à 1,90% en 2022, puis à 2,60% en 2023 et 2024, et on peut espérer un score du même ordre pour 2025. Mieux, car avec un niveau d’inflation de 0,9% en 2025 (contre 2% fin 2024), puis un taux attendu autour de 1,3% en 2026, les assurés gagneront réellement de l’argent. Moralité : même s’il est nécessaire de miser une partie de ses économies sur des fonds boursiers, les seuls à pouvoir générer de gros gains sur le moyen et long terme, les fonds en euros sécurisés ont encore de beaux jours devant eux.
Le rendement servi a atteint 4% en 2025 pour certains contrats
Les épargnants français sont plus attirés par la sécurité que par le risque. A preuve, si les versements sur les fonds à risque ont représenté 38% de la collecte en 2024, plus de 75% de l’encours des contrats sont encore placés dans des fonds en euros. Les bons rendements servis par ces supports sécurisés en 2023 et 2024 (2,60%, nets de frais de gestion) devraient les conforter dans leur choix. Après des années de baisse continue, ce renouveau des fonds en euros ne doit rien au hasard : il est directement lié à la poussée inflationniste survenue entre 2022 et 2023, et, par ricochet, à la flambée des taux des obligations (fin 2023, l’OAT à 10 ans, la référence en la matière, a franchi le seuil des 3,60%, et certaines obligations d’entreprises ont offert plus de 5%), titres qui servent de base d’investissement aux fonds en euros.
Pour doper le rendement de leurs contrats, et ne pas se laisser trop distancer par le Livret A, les assureurs ont aussi puisé dans leurs réserves d’argent, ces profits que la loi leur permet de mettre de côté pour faire face aux périodes difficiles. Cela dit, tous les contrats ne se valent pas. Certains fonds en euros sont nettement plus performants que d’autres. Ainsi, pour 2024, les rendements d’une poignée de contrats ont dépassé la barre des 3%, avec des pics au-delà de 3,50%. En 2025, certains ont atteint 4%. De plus, nombre d’entre eux acceptent que l’on mise à 100% sur leur fonds en euros sécurisé, sans devoir investir en parallèle dans des supports à risque, ce qui n’est plus la règle générale depuis le début 2020.
Un taux minimal garanti pour les fonds en euros
Les fonds en euros, contrairement aux fonds d’actions qui évoluent à la hausse ou à la baisse, ne réservent aucune surprise : leur rémunération est régulière. Certains assureurs s’engagent même à verser un taux d’intérêt minimal, qui ne variera ni dans un sens ni dans l’autre, quelles que soient les tendances des marchés. Le Code des assurances prévoit toutefois que ce taux garanti soit plafonné afin d’éviter que l’assureur ne promette monts et merveilles pour appâter le client. On parle alors de «taux d’intérêt technique», dont le calcul obéit à des règles très précises : son maximum est fixé à 85% de la performance des actifs de la compagnie calculée sur les deux dernières années, sans pouvoir être proposé pour une période inférieure à six mois ni supérieure à deux ans. Dans les faits, ce taux garanti varie aujourd’hui le plus souvent entre 0 et 2%. A noter que les versements effectués avant 1995 peuvent encore bénéficier du taux garanti particulièrement généreux (4,50%) pratiqué à l’époque.
Les gains acquis sur une année civile le sont définitivement
Les gains enregistrés au cours d’une année le sont définitivement. Deux éléments entrent dans le calcul de la rémunération d’un fonds en euros : le taux d’intérêt technique appliqué au capital investi, plus une participation aux bénéfices réalisés par l’assureur. Le tout détermine la performance du contrat. Cette performance est acquise une fois pour toutes. Elle s’ajoute chaque année au montant de l’épargne accumulée pour devenir à son tour la source de nouveaux intérêts. Pas de retour en arrière possible, c’est ce qu’on appelle l’effet de «cliquet».
Attention, il ne faut pas confondre performance brute et performance nette. Celle annoncée par l’assureur s’entend déduction faite des frais de gestion de l’année (mais pas des frais sur versements) et hors prélèvements sociaux à 17,2%. Pour être capable financièrement de faire face à ses engagements, la compagnie doit provisionner – c’est-à-dire mettre de côté – les sommes suffisantes pour les tenir. C’est ce qu’on appelle la «provision mathématique», dont le montant doit être communiqué tous les ans aux assurés.
Les fonds en euros sans risque rapporteront durablement plus que l’inflation
La spectaculaire envolée des taux obligataires observée entre 2022 et 2023, dont ont profité toutes les compagnies d’assurances vie, a soutenu le rendement des fonds en euros en 2025. Si la moyenne devrait graviter entre 2,40 et 2,70%, les meilleurs contrats ont atteint le cap des 4%.
Après ? Avec le reflux attendu des taux longs, donc du rendement des nouvelles obligations émises, le carburant nécessaire à la poursuite de la hausse viendra à manquer. Mais les fonds en euros n’auront pas perdu tout intérêt, loin s’en faut, puisqu’ils rapporteront toujours plus que l’inflation à leurs souscripteurs, ce qui constitue leur principale mission.
Le match des trois principaux produits sans risque
Par rapport aux performances affichées par la Bourse (+ 26,4%, en 2024, pour l’indice mondial), la rémunération des fonds en euros peut paraître faiblarde. Elle reste néanmoins supérieure à celle d’un des champions des placements garantis par l’Etat, le Livret A, qui sert seulement 1,50% à partir du 1er février 2026 (contre 3% à partir de février 2024, puis 2,40% depuis février 2025). Grande est donc la tentation de comparer les qualités de ces deux produits. Côté rendement, malgré la fiscalité appliquée, l’assurance vie l’emporte assez largement : 2,60% pour l’année 2024, sans doute à peu près autant en 2025, soit près de 55% de plus que le Livret A. Mais d’autres critères plaident en sa faveur, comme le plafond des dépôts : illimité pour les fonds en euros, 22 950 euros pour le Livret A. Ou le fait que l’on peut souscrire autant d’assurances vie que l’on désire, mais qu’un Livret A. Seul véritable atout de ce dernier : des retraits quasi instantanés, contre un délai variant de trois à quinze jours pour l’assurance vie.
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