
L'assurance vie n'a jamais été aussi populaire. Avec 2 100 milliards d'euros d'encours à fin octobre 2025 et 160 milliards d'euros de versements en dix mois, selon France Assureurs, elle concentre l'épargne de près de 20 millions de Français. Mais plus les montants augmentent, plus les inquiétudes grandissent, à mesure que le climat politique se tend et que les débats budgétaires s'enlisent.
S'interroger sur la solidité de ses contrats et des assureurs est plutôt sain. Cela montre que vous suivez de près la façon dont votre argent est investi.
Le fonds en euros, un pilier toujours debout
Première erreur à éviter : fuir le fonds en euros par peur. La plupart des assureurs français ont largement diversifié ces supports sécurisés, réduisant leur exposition à la dette française à moins de 19%. De quoi limiter l’impact éventuel des tensions budgétaires et de dégradations de note. Par ailleurs, ils affichent des marges de solvabilité de 250% en moyenne selon l'ACPR en 2024, soit 2,5 fois le minimum requis. Votre capital y est garanti et le rendement moyen attendu au titre de l’année 2025 devrait avoisiner 2,6%, d’après le cabinet Facts & Figures. Un niveau honorable pour un support sans risque.
Diversifier pour réduire les risques
Pour autant, placer 100% sur le fonds en euros n’est pas non plus la solution idéale. En diversifiant votre allocation, vous répartissez mieux les risques. Vous pouvez associer ce support sécurisé à des unités de compte défensives, comme des obligations datées ou des fonds monétaires, ou à des fonds ou ETF actions.
Surtout pensez à la diversification géographique. Investir sur plusieurs zones permet d’absorber les à-coups des marchés et de réduire la dépendance à la conjoncture franco-française : ETF, actions et obligations européennes, américaines et asiatiques ou une petite dose de pays émergents.
Multiplier les contrats auprès de plusieurs compagnies
Répartir son épargne entre plusieurs compagnies peut renforcer la protection de capitaux importants. Pourquoi ? Parce que cela évite de dépendre d’un seul assureur. Dans les cas extrêmes, le Fonds de garantie des assurances de personnes couvre jusqu'à 70 000 euros par assuré et par compagnie.
Cette diversification prend aussi tout son sens face à la loi Sapin 2, qui autorise, en cas de crise majeure, une limitation temporaire des rachats sur les fonds en euros. Un scénario jamais activé, mais qui continue d’alimenter les craintes. Avec plusieurs contrats, le risque est dilué.
Le Luxembourg, pas de solution miracle
La stabilité politique luxembourgeoise séduit certains épargnants inquiets. Problème : les contrats luxembourgeois proposent rarement des fonds en euros. Lorsqu’ils existent, ils sont souvent réassurés par des compagnies françaises, donc soumises à Sapin 2. Quant au «triangle de sécurité», s’il prévoit théoriquement une protection sans plafond, la liquidation récente de l’assureur FWU montre que les remboursements peuvent s'étaler sur des années. Pour la majorité des épargnants, une assurance vie française bien construite et diversifiée suffit largement.
Enfin, sachez que l'assurance vie fait partie des rares placements à avoir échappé à la hausse de la CSG votée dans le PLFSS 2026. Un argument de poids, à l’heure où la pression fiscale fait aussi partie des inquiétudes.
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