La Belgique est connue pour abriter de nombreux exilés fiscaux français. Johnny Hallyday, Henri Leconte, Bernard Tapie... nombreuses sont les personnalités françaises qui, durant les 30 dernières années, ont élu domicile chez notre voisin. Et aujourd'hui, la Belgique s'attend à recevoir de nouveaux exilés fiscaux français suite à la récente victoire du bloc de gauche aux élections législatives. Les conseillers financiers belges reçoivent ainsi de plus en plus de demandes d'information de la part de Français aisés envisageant une éventuelle délocalisation fiscale à Bruxelles, rapporte Le Monde le 15 juillet.

Depuis la suppression de l'ISF en 2018, certains anciens exilés fiscaux avaient regagné la France, mais l'arrivée en tête du Nouveau Front populaire et la perspective d'un durcissement de la fiscalité pour les grandes fortunes ont poussé de nombreux Français aisés à de nouveau s'intéresser à la Belgique. Les raisons évoquées sont notamment les incertitudes liées à d'éventuels changements dans le régime fiscal immobilier sous un gouvernement de gauche.

La fiscalité belge a évolué

Néanmoins, la situation a quelque peu évolué en comparaison des années 1990 et 2000. Les spécialistes interrogés par Le Monde soulignent que la situation des potentiels nouveaux exilés en Belgique s’est en effet compliquée. Le précompte mobilier a été porté à 30 %, la taxe boursière a été augmentée et une imposition a été décrétée pour les comptes-titres (les comptes bancaires permettant d’investir en Bourse dans des obligations, des sicav, des actions, etc.). Un aménagement de la convention fiscale franco-belge, décidé en 2022, est également intervenu, et la France peut dorénavant taxer les plus-values réalisées sur des participations de plus de 25 % effectuées dans des sociétés hexagonales par des nationaux s’ils ont résidé en France pendant six ans au cours des dix années précédant leur déménagement.

Malgré ces réformes, notre voisin reste attractif pour certains Français en raison de divers avantages fiscaux, tels que la faible taxation des loyers, une planification successorale très favorable, des plus-values immobilières non taxées et la défiscalisation de certaines assurances-vie.