
L’or a signé en 2025 sa plus forte progression annuelle depuis des décennies, avec une hausse de presque 70 % en dollars. Après un tel mouvement, beaucoup d’épargnants se demandent s'il est trop tard pour en acheter. D'autant plus que l'or, après avoir battu de nouveaux records en janvier, ne perdait pas moins de 11 % en une semaine en mars. Une volatilité qui a de quoi effrayer, pour un actif qu'on voyait pourtant comme une « valeur refuge ». Sur quoi doit-on se baser pour estimer le potentiel de l'or ?
Maxime Kugler, responsable de l’offre financière chez Altaprofits, a une idée sur la question : « Il n'est jamais trop tard pour investir dans un actif simplement parce qu’il est déjà monté. L'important, c’est de savoir si les fondamentaux justifient encore une progression à moyen-long terme. » Alors, qu'est-ce qui peut encore soutenir le secteur ? Pour l'or, surtout les achats des banques centrales, les tensions géopolitiques et l'amélioration des marges des producteurs si les coûts se stabilisent. Pour les métaux industriels, ce sont surtout les besoins structurels liés à l’électrification et aux usages industriels.
Pourquoi le secteur des métaux reste fort
Le rallye de 2025 n’est pas sorti de nulle part. Le métal précieux a été porté par les achats des banques centrales, le retour des investisseurs et un besoin de diversification dans le contexte compliqué actuel. Résultat : le métal jaune reste très présent dans les stratégies de couverture. Les minières aussi ont profité de cette montée. Mais l'or ne fait pas tout. Et c'est là-dessus qu'insiste notre expert : « L’or attire l'attention, mais ce n’est pas le seul métal intéressant ».
Il cite notamment « certains métaux industriels, comme le cuivre ou l’étain » qui « peuvent aussi présenter un potentiel à moyen-long terme, notamment parce qu'ils répondent à des besoins structurels liés à l'électrification et à l'évolution des usages industriels ». En effet, le cuivre reste soutenu par des besoins dans les réseaux électriques, dans les véhicules électriques ou les usages industriels. L'Europe a d'ailleurs renforcé sa stratégie sur les matières premières critiques, signe que le sujet dépasse largement la seule spéculation de court terme. L'étain, lui, profite aussi d'usages industriels précis et d’un marché tendu. Il faut donc aussi regarder du côté des métaux liés à la transition et à l'industrie.
Combien investir dans l'or
Maxime Kugler rappelle d'ailleurs que l'or et les métaux miniers doivent rester une poche de diversification, pas le cœur de votre stratégie : « L'idée, c'est d'avoir un actif qui peut réagir différemment du reste du portefeuille ». En effet, une petite ligne, 5 à 10 % du total, peut aider à amortir certains chocs, mais une trop forte exposition vous expose à des mouvements très brusques. Après une hausse de cette ampleur, le vrai sujet n'est pas « faut-il acheter ? », mais « quelle part du portefeuille accepterait une correction de 20 % ? ».
Si vous n'êtes pas déjà exposé à l'or, il vaut mieux entrer d'un coup après une forte hausse. Etaler ses achats peut être une bonne idée pour lisser son point d'entrée et amortir les moments de forte volatilité.











