
Les négociations autour des contrats courts peinent à avancer. Réunis ce mardi 17 mars pour une nouvelle séance de discussions, syndicats et organisations patronales restent profondément divisés, notamment sur la question sensible de la prime de précarité, rapporte BFM Business. Lors de cette réunion, la direction générale du Travail était également présente afin d’alimenter les échanges avec des données issues d’une campagne de contrôles en cours. Mais malgré ces éléments, un accord semble encore loin.
Au cœur des tensions : l’éventuelle extension de la prime de précarité à l’ensemble des contrats courts. Aujourd’hui, cette indemnité n’est versée qu’à la fin d’un CDD classique, à condition que le salarié ne poursuive pas immédiatement avec un autre contrat dans la même entreprise. En revanche, certains statuts, comme les CDD d’usage (CDDU) ou les emplois saisonniers, en sont exclus. Pour les syndicats, cette différence de traitement n’est plus acceptable. La CGT, la CFDT et Force ouvrière plaident pour une généralisation de cette prime à tous les travailleurs en situation précaire. Ils estiment qu’elle constitue un outil essentiel pour compenser l’instabilité de ces contrats.
Une prime de précarité à 10% dans toutes les branches
La CFTC va même plus loin en proposant d’harmoniser son montant à 10% de la rémunération brute dans toutes les branches, selon nos confrères. Aujourd’hui, certaines conventions collectives permettent en effet de réduire ce taux, notamment dans le bâtiment, en échange d’un meilleur accès à la formation professionnelle.
Du côté du patronat, les positions restent prudentes, voire réservées. Certaines organisations s’interrogent sur l’efficacité réelle d’une telle mesure pour limiter le recours aux contrats très courts, parfois conclus pour seulement quelques jours. D’autres alertent plutôt sur les difficultés de recrutement et les refus de CDI dans certains secteurs en tension. Selon les chiffres de l’Unédic, la moitié des CDD ne dépassent pas quatre jours, une réalité qui inquiète les syndicats. Ces derniers dénoncent une précarité durable, en particulier chez les jeunes, qui peinent à accéder à un emploi stable.



















