«C’est simple, en télétravail, je bosse trente minutes par jour maximum et, quand je suis au bureau, disons que mon travail effectif ne dépasse jamais deux ou trois heures», décompte Isabelle (prénom modifié). Cette directrice scientifique dans un grand laboratoire pharmaceutique s’ennuie à mourir au boulot. Autour d’elle, ses nombreux collègues se plaignent pourtant en permanence d’être «débordés», «sous l’eau»… En poste depuis deux ans, elle s’interroge sur leur rapport au temps, mais aussi sur sa propre façon de le gérer. «Au départ, j’avais l’impression que je faisais mal les choses, tellement je terminais vite mes missions. Donc je repassais sans cesse dessus pour vérifier. Et puis, rapidement, j’ai compris que le fait de dire qu’on était “charrette” était un sport maison. Ceux qui le pratiquent attendent sans cesse qu’on leur valide des étapes pour avancer. Degré d’autonomie proche de zéro !

Durant mes vacances, il ne se passait rien, par exemple. Je n’étais pas là, donc les gens attendaient mon retour et ma validation pour avancer dans leur projet. Alors que rien ne les empêchait de le faire», illustre celle qui percute plus cent fois plus vite que ses collègues et collaborateurs. Le décalage est tel, et l’ennui si pesant qu’Isabelle vient de donner sa démission pour rejoindre une belle ETI où elle sera, certes, surchargée de boulot, mais où, au moins, elle n’aura pas l’impression de perdre son temps.

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Cette cadre n’est pas un cas isolé. Dans notre sondage exclusif réalisé en collaboration avec YouGov (1), 40% des salariés déclarent perdre leur temps au travail. Interruptions incessantes, réunions inutiles, temps de transport trop longs, reporting à gogo : voilà les principaux «bouffeurs de temps» cités par les répondants. Pire, 6% travaillent moins de quatre heures par jour. Soit parce que, comme Isabelle, ils sont surdimensionnés pour leur poste et travaillent super vite, soit parce qu’ils n’ont rien à faire, soit parce que l’organisation les ralentit. L’un n’excluant pas l’autre d’ailleurs ! Dans le même temps, notre sondage révèle, comme le raconte très bien Isabelle, que 68% des salariés manquent de temps quand ils sont au bureau.

Qu’ils sont un peu plus efficaces en télétravail, mais qu’à la maison le soir, c’est la Bérézina. Ils n’ont le temps de rien (surtout les femmes d’ailleurs). Et pourtant, pourtant… en dépit de ce sentiment de perdre leur temps quand ils sont sur site, ils en redemandent : pas moins de 36% des salariés appellent de leurs vœux un retour au 100% présentiel ! Quant aux autres, ils penchent davantage pour une formule hydride mixant bureau et télétravail. Avec un maximum de flexibilité sur les jours de télétravail. Histoire de mieux gérer leur temps.

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