Vers qui se tourner faute d’économies personnelles suffisantes pour financer son projet ? Les proches ? Tout le monde n’a pas la chance d’avoir une famille prête à miser des milliers d’euros. Les banques ? Malheureusement, ces établissements traditionnels se montrent globalement réticents à aider des créateurs, surtout ceux qui se lancent pour la première fois : trop risqué sachant que le taux de survie moyen des jeunes entreprises dépasse à peine les 60% au bout de cinq ans. Mais le tableau n’est pas si sombre. Pour accompagner votre démarrage, il existe d’autres sources de financements permettant de réunir des sommes non négligeables. Si ces dispositifs sont parfois très sélectifs, y accéder facilite, dans la plupart des cas, l’accès à un prêt bancaire. Panorama des solutions qui rapportent.

1. Devenir une bête de concours

Depuis qu’elles ont lancé SmartBack à l’automne 2021, Olympe Chabert et son associée Ariane Varale ont participé à une dizaine de concours de création d’entreprises. Disposant au départ de maigres moyens financiers, les deux jeunes diplômées (HEC/Mines Paristech) ont ainsi gagné 20.000 euros pour propulser leur activité de récupération des meubles retournés par les clients pour leur donner une seconde vie. Grâce à cette manne, dont la moitié provient du prix Coup de pouce de la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires, le duo d’entrepreneuses a pu constituer le capital social de sa société et payer quatre stagiaires qui ont œuvré au développement de cette solution logistique des retours.

En moins d’un an, SmartBack a déjà séduit plusieurs grandes enseignes, telles que ManoMano et BazarChic. Le fait d’avoir passé avec succès la sélection de jurys constitués d’entrepreneurs a renforcé la crédibilité du projet. «C’est un cercle vertueux. Grâce à nos prix, nous avons été capables de débloquer un prêt d’honneur auprès de l’accélérateur francilien Wilco», ajoute Olympe Chabert.

Gagner un concours permet également de se faire connaître par une communauté de professionnels aguerris, prêts à aider les créateurs à construire leur projet. Ainsi les quatre prix Moovjee, délivrés chaque année aux jeunes entrepreneurs âgés de 18 à 30 ans inclus, n’apportent pas seulement un pactole de 20.000 euros, ils donnent aussi accès à un programme de mentorat personnalisé auquel prennent part des chefs d’entreprise expérimentés. «Au-delà du coup de pouce financier, c’est un sacré gain en visibilité et, par ricochet, en développement commercial», commente Dominique Restino, président fondateur du Mouvement pour les jeunes et les étudiants entrepreneurs (Moovjee), qui reçoit environ 1.200 dossiers de candidature par an. Tout le monde ne peut pas être couronné.

Mais le fait même de constituer des dossiers détaillés et de préparer un argumentaire aide à se poser les bonnes questions et à structurer son projet. Reste à choisir parmi les innombrables concours d’entrepreneurs existants, au niveau national ou régional. Il n'est pas toujours nécessaire d’avoir une super innovation technologique ou de sortir d’une école d’ingénieurs pour tenter sa chance. Organisé par le réseau BGE avec Bpifrance, le concours Talents des Cités récompense par exemple des entrepreneurs issus des «quartiers prioritaires de la ville». «Regardez les précédents lauréats pour voir s’ils vous ressemblent», conseille Olympe Chabert. Gagnante à cinq reprises, elle est sans aucun doute de bon conseil.

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