Installées sous une myriade de LED multicolores, une quinzaine d’étagères, où s'épanouissent salades et herbes aromatiques en pots, s’élèvent sur près de 10 mètres de hauteur. C'est dans les 5.500 mètres carrés de cet édifice industriel, à Château-Thierry (Aisne), que la start-up Jungle va inaugurer, début avril, la plus grande ferme verticale de France. Coût de l’investissement : 8 millions d’euros. «Cultiver sur plusieurs niveaux nous permet d’optimiser le nombre de plants par mètre carré, explique Gilles Dreyfus, son président. Dans un environnement contrôlé, en indoor, on maîtrise les paramètres d’humidité, de lumière et de température avec une telle précision que l’on peut fortement augmenter les rendements.» En poussant sa production de 50.000 à 3 millions de plants cette année, l’agrotech va approvisionner 60 magasins Monoprix. Elle devrait aussi accroître son chiffre d’affaires de 70.000 à 3 millions d’euros.

A l’image de Jungle, l’agriculture urbaine connaît un véritable engouement. Depuis sa création, en 2016, l’Association française d’agriculture urbaine professionnelle (Afaup) est ainsi passé de 60 à 90 adhérents, qui représentent un total de 80 hectares cultivés. Les circuits courts séduisent les citadins sensibles à la fraîcheur et à l’empreinte carbone de leurs aliments. «Une fraise perd 50% de ses vitamines pendant le transport. Cultivée localement, elle arrive en vingt-quatre heures dans l’assiette du consommateur en conservant toutes ses propriétés», analyse Guillaume Fourdinier, cofondateur d’Agricool. Déjà à l’œuvre à Asnières et Courbevoie, cette start-up cultive désormais fraises, salades et herbes aromatiques dans 11 containers installés sur un terrain industriel à La Courneuve, en région parisienne. Ces nouveaux maraîchers s’inspirent du concept de fermes verticales, peu gourmandes en surface, développé en 1999 par Dickson Despommier, professeur à l’université de Columbia. Le modèle s'est élargi depuis : les fermes urbaines fleurissent maintenant un peu partout, de Lille à Bordeaux en passant par Lyon, dans des containers mais aussi dans des parkings ou sur des toits.

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