En France, parler d’argent reste un tabou. Or, la directive européenne sur la transparence salariale, qui doit être transposée en droit français avant le 7 juin, impose aux entreprises de plus de 100 salariés de mentionner des fourchettes de rémunération dans leurs offres d’emploi. L’objectif n’est pas de révéler le salaire exact de chaque employé, mais de donner une visibilité sur le niveau moyen des rémunérations pour des postes équivalents.

En France, l’application concrète de ces principes reste floue. Une réunion entre le gouvernement et les partenaires sociaux, initialement prévue ce jeudi 29 janvier, a été reportée, rapporte Ouest-France. Le ministère du Travail explique vouloir intégrer des remarques complémentaires des participants avant de trancher sur les modalités. Mais pour les salariés, instaurer une véritable transparence salariale reste un défi, comme le montrent plusieurs témoignages recueillis par nos confrères. «Parler de son salaire est pour moi un tabou. Beaucoup n’ont pas le recul nécessaire pour accepter que l’autre gagne plus», confie Christian, 60 ans.

Des inégalités cachées

De son côté, Jacques, 82 ans et retraité, indique pour sa part n’avoir «très rarement» discuté de son salaire afin d’éviter l’envie de ses collègues. Alexandre, jeune salarié diplômé, a, lui, découvert à la machine à café que son collègue gagnait 1 000 euros de plus à poste équivalent, illustrant les inégalités invisibles qui peuvent exister.

Entre culture du secret et disparités invisibles, rendre les salaires transparents s’annonce donc plus compliqué que prévu. La directive européenne pourrait pourtant changer la donne, en donnant aux salariés une meilleure visibilité sur ce qu’ils méritent réellement pour un travail équivalent.