
La méthode ressemble à un test fantaisiste visible dans certains magazines, pourtant elle est appliquée par certains recruteurs. En entretien d’embauche, il est possible que l’on vous demande de montrer le contenu de votre sac à main, si vous êtes une femme. C’est l’expérience qu'ont eue plusieurs candidates, interrogées par Le Parisien. Marie, en entretien pour un poste d’animatrice de vente, s’est vue poser la question. Comment l’entreprise justifie-t-elle une telle demande ? Elle est censée permettre à l’employeur d’en savoir davantage sur vos capacités d’organisation. Et pour Marie, il est clair qu’il s’agit d’un test pour évaluer si le candidat peut obéir facilement.
«J’ai cru à une blague», explique Marie. Mais dans un contexte difficile, après huit mois de chômage, elle s’exécute et montre le contenu de son sac à main. Une question qui l’a mise en colère, car elle est particulièrement intrusive, et qui, en plus, peut permettre au recruteur d’obtenir des informations confidentielles sur la santé du candidat, par exemple. En ligne, les professionnels du recrutement sont pourtant unanimes : il faut refuser et quitter l’entretien lorsque cette question vous est posée. C’est aussi l’avis de Patrice Adam, président de l’Association française de droit du travail et de la sécurité sociale (AFDT) et professeur à la faculté de droit à Nancy.
Une pratique illégale et discriminatoire
Selon l’expert, il n’y a pas de doute : cette question est tout à fait illégale. «Aucune étude sérieuse n’associe la façon de ranger son sac à sa méthode de travail», indique Patrice Adam. Pour lui, c’est même une atteinte à la vie privée, mais aussi une «discrimination sexuelle», puisque la question concerne seulement les personnes portant des sacs à main, majoritairement des femmes. Selon l’expert, «la candidate serait en droit de saisir un juge pour réclamer des dommages et intérêts».
Pour agir face à ce type de pratiques, le président de l’AFDT admet qu’il est difficile de faire quelque chose individuellement en tant que candidat, ou même en tant que salarié isolé. Cependant, si l’entreprise a tendance à publiciser le fait d’utiliser cette question en entretien, les salariés peuvent collectivement s’emparer du problème, notamment via les élus de l’entreprise. Il faut aussi rappeler que «la fouille d’un sac est strictement encadrée et ne se justifie que par des raisons impératives de sécurité».


















