
Et si vous pouviez séparer totalement votre vie professionnelle de votre vie personnelle ? Je ne vous parle pas d’éteindre votre ordinateur mais de subir une «severance» : une procédure volontaire de séparation des souvenirs personnels et professionnels. Ainsi, lorsque vous êtes au boulot, vous devenez un «Innie» qui a tout oublié de ce qu’il est dehors…Fou, non ? Et pourtant, c’est le pitch de l’incroyable série d’Apple TV, Severance, dont le héros, Mark Scout devient manager du jour au lendemain à cause du départ du sien. Un manager comme les autres avec quelques petits «plus»...
Rassurer même quand on n'est pas sûr de soi
Au début de Severance, Mark S. est un manager obéissant, presque robotique dans une entreprise dont on ne sait pas grand chose, à part qu’elle s’appelle Lumon. Il exécute les tâches administratives imposées sans en comprendre le sens. Dans ce contexte dystopique, manager devient occuper une position de responsabilité sans réel pouvoir, guidé par un manuel cryptique et des valeurs floues. Malgré tout, il écoute, rassure et essaye de protéger ses collègues de la folie du système, comme lors de la remise de récompenses absurdes qu’il distribue (un melon, une danse, une chanson), parce que c’est tout ce qu’il a.
Il applique les règles de Lumon mais sait quand les contourner pour préserver l’équilibre mental de son équipe. Il n’a pas de vision stratégique, mais il a de l’empathie et cela suffit à fédérer. Par exemple, lorsque sa collègue Helly R. tente de s’enlever la vie en ascenseur, après avoir vu sa demande de démission refusée, Mark ne la punit pas _ il la soutient, maladroitement mais sincèrement.
Penser individualité, agir collectivement
Mark S. fait toujours avec peu : peu d’information, peu de marge de manœuvre, peu de reconnaissance en acceptant une forme de solitude et en étant garant du bien-être des autres. Mais un manager ne peut pas rester aveugle éternellement donc malgré ses efforts pour respecter les règles, certains faits l’amènent à prendre conscience de la violence exercée par les Innies. C’est alors que Mark commence à comprendre que les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être et qu’il se met en quête du véritable sens de sa fonction. Il protégera ainsi encore plus ses collaborateurs, leur autonomie, leur vérité et leur intégrité. C’est le rôle de tout manager quel que soit le contexte : penser individualité, agir collectivement !
Éveiller en osant transgresser
Dans une entreprise normale, un bon manager motive, inspire, fait grandir. Au début de la série, Mark était un manager par défaut mais malgré tout, il arrive à le devenir par choix en passant d’un rôle de relais passif à celui d’éveilleur grandiose. Il ose, il transgresse, non pas par goût du pouvoir, mais par nécessité morale.
Manager comme Mark S., c’est bien refuser l’aliénation, même quand elle est présentée comme bienveillante. C’est prouver que même dans un univers d’absurdité bureaucratique, l’humanité peut émerger. C’est, en somme, diriger avec le cœur, même quand l’esprit est bridé.
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