La loi «Rixain» ne vous dit peut-être rien, et pourtant, promulguée en 2021, elle a un but : améliorer l’égalité entre les femmes et les hommes dans les entreprises. Il y a surtout une mesure phare : l’obligation de représentation équilibrée entre les femmes et les hommes dans les postes de direction des grandes entreprises. Il s’agit de toutes les entreprises d’au moins 1 000 salariés. Dès le 1er mars prochain, il faudra même atteindre l’objectif d’au moins 30% de femmes et d’hommes cadres dirigeants et d'au moins 30% de femmes et d’hommes membres d’instances dirigeantes. Mais est-ce le cas actuellement ?

Selon le dernier baromètre de l'Institut français des administrateurs (IFA) et Ethics & Boards publié le 19 février et relayé par Franceinfo, cet objectif de 30% a été atteint dans les 120 plus grandes entreprises cotées en Bourse à l'indice SBF 120. Selon l’Institut, les femmes sont même 31% au sein du CAC 40. Mais attention, ces chiffres cachent des disparités, notamment parce que, si les femmes sont de plus en plus présentes depuis quatre ans, elles occupent toujours les mêmes postes et pas forcément les plus importants.

Beaucoup plus d’hommes pour les postes opérationnels

Parmi les postes les plus occupés par les femmes : ceux de directrice des ressources humaines ou du développement durable. A contrario, les hommes occupent plus souvent ceux de directeur financier, or comme le soulignent nos confrères, ce sont ces postes qui permettent d’accéder à des postes encore plus importants dans une entreprise. Ces postes, dits opérationnels, sont donc réservés en majorité aux hommes (près de 60%), ce qui fait que peu de femmes accèdent à ceux les plus hauts, dont celui de PDG (10%).

Les chiffres sont encore plus criants au sein du CAC 40, car actuellement, il n’y a que quatre femmes à la tête de ces entreprises : Catherine MacGregor chez Engie, Christel Heydemann chez Orange, Estelle Brachlianoff chez Veolia et Hinda Gharbi chez Bureau Veritas. Dans les 120 plus grandes entreprises cotées au SBF 120, elles sont donc seulement douze. Surtout, ce qui est notable au-delà du nombre de femmes occupant ces postes, c’est qu’il ne progresse pas depuis deux ans, précise l'Institut français des administrateurs.

40% de femmes en 2029

Il y en avait même 14 à la tête des 120 plus grands groupes en 2022, et donc déjà 12 en 2025. Concernant les entreprises du CAC 40, le chiffre a certes évolué (une seule femme directrice générale en 2017), mais il a finalement peu augmenté. Si on compare cette représentativité avec d’autres pays européens, la Norvège est encore devant (33% de femmes dans les comités de direction), la Grande-Bretagne et la Finlande aussi (32%). Mais d’autres sont à la traîne comme l’Espagne (23%) ou l’Italie (19%). A noter qu’à compter du 1er mars 2029, les objectifs chiffrés vont passer de 30% à 40%.

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