
Une offre d’emploi idéale, c’est rare. Souvent, le coup de cœur initial est refroidi par une ou deux lignes qui, à la relecture, coincent : une compétence que vous ne possédez pas, une expérience un peu différente de ce qui est demandé… Il serait pourtant dommage de s’arrêter là.
Une étude publiée par Indeed en 2021 pointait que les recruteurs considèrent souvent les candidatures qui répondent à 70% des exigences de l’offre d’emploi. Il existe donc une certaine marge.
70% de compatibilité, vraiment ?
Attention toutefois, précise Stéphanie Santa-Maria, consultante en ressources humaines et en gestion de carrière pour l’APEC : «Tout dépend du poste et du secteur. Sur un créneau très concurrentiel, comme par exemple la communication, cela me semble risqué de tenter à moins de 85%. Mais sur un secteur qui peine à recruter ou pour une entreprise qui ne bénéficie pas d’une importante notoriété spontanée, évidemment que cela se tente».
Le bon candidat n’est pas toujours celui recherché…
Côté employeur, une offre d’emploi se construit à un moment précis de la vie de l’entreprise, souvent en fonction de la personne qui occupe le poste et de ce qu’elle fait. Mais «entre la rédaction de l’offre et la fin de sélection, certains critères peuvent évoluer : certains vont prendre de la force, d’autres, à l’inverse, devenir moins importants», pointe Stéphanie Santa-Maria.
Des nouveautés peuvent même apparaître en cours de recrutement, en fonction des candidats rencontrés. «Faites confiance au recruteur, ajoute l’experte, si l’écart est trop grand, il ne donnera pas suite mais vous aurez tout tenté. Et surtout, le fait d’accéder à un entretien peut changer les choses.»
Montrez votre motivation
Une hard skill vous manque ? Commencez par relire attentivement l’offre : «il faut savoir lire entre les lignes. Quand un critère est primordial, vous aurez des indices : "vous avez impérativement" est très différent de "vous avez idéalement"», fait remarquer Stéphanie Santa-Maria.
Si une compétence est vraiment importante, n’oubliez pas qu’elle peut s’acquérir. Évidemment, certaines compétences sont plus difficiles que d’autres à maîtriser. Vous seul êtes en mesure de juger dans quelle mesure vous pourrez vous les approprier rapidement. «En vue d’un entretien, préparez une success story illustrant cette capacité à apprendre vite et bien», conseille la consultante.
Créez des ponts
De nos jours, les recruteurs donnent plus de place à la notion de parcours. Focalisez-vous sur vos points forts : «au-delà des différences entre notre parcours et la fiche de poste, savoir dessiner des ponts, des équivalences, rassure le recruteur», assure Stéphanie Santa-Maria.
Sur votre CV, «commencez par une section "Compétences et atouts", en les orientant sur les compétences transférables, et en brossant un portrait de vous à travers des qualités, qui sont un élément différenciant, recommande-t-elle. N’hésitez pas à muscler la rubrique "Informations complémentaires" avec par exemple du bénévolat ou vos passions dont vous pouvez parler avec aisance et qui vous mettront en valeur différemment ».
Ce qu’il faut retenir ? Certes, votre profil doit être compatible avec l’offre d’emploi, mais ne auto-censurez pas si l’adéquation n’est pas parfaite : «On recrutera davantage un passionné à 75% qui se donnera les moyens, qu’un profil à 100% que l’on sent blasé par les missions ou tiède dans sa motivation...», conclut l’experte.



















