Loin du changement par petites touches, la reconversion tient du virage à 180°. Parfois subie, car contrainte et non maîtrisée, souvent à la suite d'un plan social ou d'une restructuration, elle peut aussi relever d'une démarche volontaire. "Cela se traduit alors dans une forme d'anticipation du futur fondée sur un projet ou une envie préexistante. Une rupture professionnelle fournit l'occasion de se lancer", explique la sociologue Catherine Négroni, maître de conférences à l'université de Lille, qui étudie depuis vingt ans les notions de reconversion et de bifurcation.

Une cohérence qui fait sens

Radicale dans sa teneur, la reconversion n'en demande pas moins un cheminement progressif. Dans l'enquête auprès de salariés en reconversion professionnelle volontaire qui a alimenté sa thèse en 2000, Catherine Négroni met au jour un processus cognitif en cinq étapes, "plus ou moins longues selon les situations". En premier lieu émerge un discours de "vocation contrée", qui repose sur l’idée de trouver sa véritable inclination. "La personne explique son souhait de changer car ce qu'elle fait ne correspond pas à ses aspirations, par exemple parce qu'elle a suivi un chemin dicté par des injonctions parentales", commente l'universitaire. Dans un deuxième temps s’exprime une insatisfaction par rapport à l'emploi occupé, parce qu'il ne suscite pas suffisamment de reconnaissance, qu'il est trop routinier, n'offre pas de perspectives, voire génère de la souffrance. Le désengagement s'installe.

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